[Total : 36    Moyenne : 3.7/5]

Le Quinghaosu est l’armoise annuelle chinoise Artemisia annua dont on extrait l’artémisinine, une molécule connue depuis plus de 2.000 ans et redécouverte en 1972 pour lutter contre le paludisme. Henry Lai et Narendra Singh, de l’université de Washington, ont mis en évidence l’efficacité du médicament contre des cellules cancéreuses.

Les résultats sont incroyablement optimistes. Dans la revue Life Sciences, les chercheurs décrivent comment l’artémisinine armoise annuelle bio tue toutes les cellules d’un cancer du sein en seize heures. « Non seulement le médicament est efficace mais il est très sélectif, déclare Henry Lai. Il est hautement toxique pour les cellules cancéreuses mais a un impact minimal sur les cellules normales. »

L'armoise annuelle chinoise contre le cancer

L’armoise annuelle chinoise contre le cancer

Utilisée depuis 30 ans contre le Plasmodium de la malaria, l’artémisinine armoise annuelle réagit avec les ions métalliques présents en forte concentration dans le parasite. Très actives, les cellules cancéreuses possèdent également beaucoup de récepteurs membranaires permettant d’augmenter la concentration en ions métalliques à l’intérieur de la cellule. Les chercheurs ont donc eu l’idée d’utiliser l’artémisinine bio armoise annuelle pour tuer ces cellules malades. Les résultats déjà impressionnant contre le cancer du sein semblent encore plus positifs contre la leucémie puisque, dans ce cas, toutes les cellules anormales meurent en huit heures. « Ce sont des cellules cancéreuses parmi les plus concentrées en ions métalliques », explique Henry Lai.

Les études devraient continuer sur des animaux vivants. Des tests préliminaires sur un chien atteint d’un cancer des os se sont révélés particulièrement encourageant.


[Total : 13    Moyenne : 3.6/5]

Des chercheurs français du CNRS et de l’Inserm1 à Toulouse ont mis en évidence le mécanisme d’action de l’artémisinine, une molécule extraite d’une variété d’armoise2, plante asiatique très active dans la lutte contre le paludisme.

Dans un article publié en ligne dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences of USA (PNAS), ils expliquent comment cette molécule peut tuer le parasite. Ces résultats ouvrent la voie à la création de nouveaux médicaments antipaludiques efficaces.
Le paludisme ou malaria3 pose un problème majeur de santé publique et de développement. Plus de 40% de la population mondiale est exposée à cette maladie parasitaire qui tue près de 3 millions de personnes par an, principalement en Afrique. Le paludisme avait été efficacement endigué dans de nombreux pays par la mise en place de mesures d’hygiène (assèchement des marécages, lieux d’éclosion des larves de moustiques, utilisation d’insecticides rémanents tels que le DDT) et par le développement de médicaments efficaces et bon marché comme la chloroquine. Pourtant, depuis le début des années 1980, le paludisme est de nouveau en pleine expansion. Il a réapparu dans certains pays d’où il avait été éradiqué et est aujourd’hui responsable de trois à quatre fois plus de morts qu’en 1970. Cette recrudescence est liée à la généralisation des résistances du parasite à la chloroquine et aux autres antipaludiques classiques (sulfadoxine-pyriméthamine en Afrique, méfloquine en Asie). La mise au point d’un vaccin antipaludique efficace reste encore difficile.
Dans la lutte contre ce fléau, un produit est particulièrement intéressant : l’artémisinine. L’artémisinine et ses dérivés4 sont très efficaces, même sur les souches de parasites résistants, et remarquablement bien tolérés, y compris pour le traitement des enfants. Cette molécule, extraite d’une variété d’armoise, est utilisée principalement en Asie. Les rendements d’extraction en artémisinine ne sont satisfaisants que lorsque cette plante est cultivée dans les conditions de sol et de climat des hauts-plateaux chinois et vietnamiens. La capacité actuelle de production est de 5 à 6 tonnes par an alors que la quantité nécessaire pour traiter les 400 à 600 millions de cas de paludisme recensés chaque année serait de l’ordre de 300 tonnes. L’approvisionnement devient alors très vite insuffisant. Une équipe de recherche du CNRS a donc cherché à comprendre le mécanisme d’action de l’artémisinine. En saisissant la façon dont ce médicament tue le parasite, il sera possible de faire la synthèse de nouveaux antipaludiques efficaces.

Le parasite responsable du paludisme élit domicile dans les globules rouges, cellules très riches en hème, pigment rouge du sang. Depuis quelques années, Anne Robert et Bernard Meunier, chercheurs en chimie de l’équipe « Oxydations biomimétiques » du Laboratoire de chimie de coordination du CNRS (LCC), ont montré que l’artémisinine et ses dérivés réagissent facilement avec l’hème. Les deux éléments se fixent l’un à l’autre pour donner des produits de couplage hème-artémisinine :cette réaction est une réaction d’alkylation. L’équipe de recherche du LCC a utilisé des souris infectées afin de montrer que cette réaction a lieu également chez la souris malade : après un traitement par l’artémisinine, il y a bien alkylation entre ce médicament et l’hème de la souris infectée. Les produits de couplage hème-artémisinine ont été détectés dans la rate et l’urine des souris malades (la rate est l’organe responsable de l’élimination des globules rouges malades ou endommagés). Aucun de ces produits n’a été retrouvé chez les souris saines traitées à l’artémisinine. L’analyse des fluides biologiques et des organes a été rendue possible par la mise au point des méthodes analytiques et le savoir-faire acquis dans l’équipe des chimistes. Le recrutement d’un chercheur de l’Inserm, Françoise Benoit-Vical, au sein du LCC a apporté l’expertise d’une parasitologue et a favorisé la collaboration entre le CNRS et le service de parasitologie du CHU de Rangueil, à Toulouse.
Ainsi, cette équipe a mis en évidence les propriétés alkylantes de l’artémisinine, non seulement in vitro, mais également in vivo, chez la souris infectée par le parasite. Ces travaux servent à inspirer la synthèse de nouveaux antipaludiques, telles les trioxaquines®, molécules conçues et créées par la même équipe et actuellement développées par la société Palumed en collaboration avec Sanofi-Aventis.

1 du Laboratoire de chimie de coordination du CNRS (LCC) à Toulouse : Catherine Claparols, Bernard Meunier, Anne Robert, Françoise Benoit-Vical (chercheur Inserm)
2 Artemisia annua L., plante utilisée en médecine traditionnelle chinoise
3 nom anglo-saxon du paludisme
4 artéméther et artésunate


[Total : 14    Moyenne : 3.9/5]

Définition de l’artémisinine (chinois traditionnel : 青蒿素 ; pinyin : qing hao su) est la substance active médicamenteuse isolée de la plante Artemisia annua (chinois traditionnel : 青蒿 ; pinyin : qing hao) et dont la vertu médicinale est connue en Chine depuis plus de 2 000 ans.

Il s’agit d’une lactone sesquiterpénique portant un groupe peroxyde qui semble être le fer de lance de son efficacité thérapeutique.

Elle est la base de tous les médicaments antipaludiques utilisés. Les essais cliniques de phase III menés démontrent aussi sa bonne potentialité comme médicament pour traiter la bilharziose et de la distomatose. Des essais de phase pré-clinique sont également en cours, notamment avec son dérivé la dihydroartémisinine, dans le but de traiter certains cancers, dont celui du sein, avec moins d’effets secondaires que la chimiothérapie classique.
Histoire
Pharmacopée traditionnelle
La plante, qui appartient à la famille des Asteraceae, est utilisée en herbologie chinoise depuis plus de 2 000 ans. Son plus ancien usage formulé par écrit figure dans un texte appelé Recettes pour cinquante-deux maladies (chinois traditionnel : 五十二病方 ; pinyin : Wǔshí’èr Bìngfāng) datant de 168 av. J.-C. découvert, parmi d’autres textes ayant traits à 283 traitements médicaux différents, dans une tombe mise à jour sur le site de Mawangdui et datant de la dynastie Han4,5. Une des recettes décrit « comment faire tremper les feuilles et les branches de la plante de qing hao dans l’eau pendant une nuit, puis boire cette eau en tant que traitement contre le paludisme ».

Ge Hong en parle aussi dans son ouvrage intitulé Manuel de prescriptions pour les situations d’urgence (chinois traditionnel : 肘后备急方 ; pinyin : Zhou hou beiji fang) rédigé au début du ive siècle6 ainsi que l’herboriste Li Shizhen dans son Grand Traité d’herbologie (chinois traditionnel : 本草綱目 ; pinyin : Běncǎo gāngmù) écrit entre 1552 et 1587 et où sont codifiées 11 196 prescriptions7. Selon Li Shizhen, la préparation doit consister en « une touffe de feuilles, recueillie au printemps ou en été, macérée dans deux sheng (chinois traditionnel : 升 ; pinyin : shēng) d’eau (soit 2,07 L) puis pilée avec un pilon dans un mortier pour en extraire le jus ».
Histoire contemporaine
L’histoire contemporaine de l’artémisinine commence pendant la guerre du Viêt Nam lorsque l’armée nord-vietnamienne construit tout un réseau de souterrains. Comme ces tunnels récupèrent toute l’eau de pluie, les anophèles transporteurs du paludisme s’y reproduisent dans l’eau stagnante. Le problème prit une telle ampleur, que l’armée nord-vietnamienne a perdu plus de soldats par le paludisme que par les armes. Les Nord-vietnamiens se sont alors tournés vers la Chine pour essayer de trouver une solution.

L'artémisinine anti-cancer puissant

L’artémisinine anti-cancer puissant

En 1967, des chercheurs militaires chinois se sont donc attelés à l’étude des remèdes traditionnels à base de plantes avec l’espoir d’en trouver un d’efficace contre la variété de paludisme endémique dans la péninsule indochinoise. Ils ont assez rapidement trouvé l’Armoise annuelle et, dans une région de Chine peu touchée par cette maladie, ils ont observé, qu’au premier symptôme de paludisme, les habitants de cette région buvaient, selon une tradition millénaire, une décoction issue de qing hao. Généralement administrée sous forme de macération, elle n’avait pas d’effet secondaire visible et semblait très efficace.

Après l’étude de plus de 2 000 remèdes traditionnels et le test de 380 extraits, l’isolement de l’artémisinine fut réussie, sous la direction du professeur Youyou Tu9. C’est en 1972 qu’un des chercheurs, essayant d’extraire la (ou les) substance(s) active(s) de la feuille d’Armoise annuelle, eut l’idée originale d’utiliser un solvant non aqueux (hexane ou alcool suivant les versions). Il obtint (après purifications répétées sur gel de silice) une substance huileuse jaunâtre qu’il put cristalliser en une poudre blanchâtre faiblement soluble dans l’eau mais bien dans la plupart des solvants organiques (dichlorométhane, acétone) présentant une bonne stabilité thermique à température ambiante et, le plus important, capable de tuer Plasmodium falciparum in vitro. Ses actions antipaludiques et l’élaboration d’un procédé d’extraction simple ont rapidement suivi.

Sa structure a été confirmée en 1979 par des analyses cristallographiques par rayons X et l’utilisation d’un microscope électronique à balayage. C’est une lactone sesquiterpènique avec deux atomes d’oxygène liés par un pont peroxyde au-dessus d’un cycle à sept atomes de carbone (cf. le tableau ci-dessus). Elle possède sept centres d’asymétrie autorisant un grand nombre de stéréoisomères, mais, par chance, Artemisia annua n’en synthétise qu’un seul ; néanmoins, le caractère totalement asymétrique de la molécule d’artémisinine rend sa synthèse artificielle particulièrement difficile, en particulier à des coûts acceptables (d’où l’utilisation de dérivés semi-synthétiques comme l’artésunate, l’artéméther et l’artéether).

Ce n’est qu’après le constat, au début des années 1990, de l’aggravation des phénomènes de résistance du parasite envers les médicaments classiques comme la chloroquine ou l’amodiaquine que les laboratoires pharmaceutiques ont commencé à s’y intéresser, et il fallut attendre 2001 pour que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclare l’artémisinine « le plus grand espoir mondial contre le paludisme ». En 2006, elle recommandait toutefois d’arrêter la monothérapie afin d’éviter les risques de résistance : l’artémisinine affaiblit le parasite mais ne le tue pas systématiquement, et elle présente son efficacité maximale en association avec d’autres anti-paludiques (ACT)10. Malgré cela, en mai 2009 deux études indépendantes ont rapporté pour la première fois une augmentation significative de la résistance à l’artémisinine de P. falciparum sur le terrain, au Cambodge, probablement en conséquence de pratiques et de traitements incorrects, tel que cela avait été prédit en 2006 par l’OMS11.

Production
Le procédé de séparation des substances contenues dans les feuilles sèches de l’Armoise annuelle pour la production de l’artémisinine est la solubilité. Le fructose-1,6-bisphosphate est d’abord éliminé du composé amorphe qui est transformé en alcool par réaction d’oxydoréduction avec un complexe NADPH oxydase suivie d’une oxydation pour obtenir un aldéhyde qui est lui-même transformé en acide puis en hydroperoxyde par photo-oxydation avant de recevoir sa liaison péroxyde. La micronisation est obtenue à une température d’extraction de 62 °C sous une pression de 25 MPa avec précipitation à 45 °C via un tuyau de ø 1 000 μm. La taille du matériau granulaire ainsi obtenu est de 550 nm12.

La biodisponibilité de l’artémisinine étant assez faible (51,9 mg/L), celle-ci est transformée en dérivés semi-synthétiques ayant tous cette liaison péroxyde :

dihydroartémisinine (synonyme : arténimol) par réaction d’oxydoréduction, notamment, grâce à un cytochrome P450. C’est le métabolite secondaire de tous ses dérivés :
artésunate par l’acide succinique anhydre dans un milieu alcalin et ayant une bonne hydrophilité,
artéméther (synonyme : arténam) par le méthanol dans un milieu acide et ayant une bonne liposulubilité, artééther (synonyme : artémotil) par l’éthanol dans un milieu acide,
acide artélinique, artélinate : (synonyme : sodium artélinate) sel de l’acide artélinique,
artéflène, artémisinone.
Mode d’action
L’artémisinine est une lactone sesquiterpénique portant un groupe peroxyde qui semble être la clé de son efficacité. Elle bloquerait une enzyme qui permet au parasite de pomper le calcium et l’empêchant ainsi de se développer.

Tandis que l’artéméther, c’est-à-dire la molécule de peroxyde réduite de l’artémisinine, réagit avec le fer des globules rouges pour créer des radicaux libres qui, à leur tour, détruisent les membranes du parasite ou de certaines cellules cancéreuses et les tuent. À noter cependant que la présence de toute substance protégeant des dommages radicalaires (antioxydant) pourrait contrarier son efficacité.

Thérapies
Si l’artémisinine et ses dérivés sont surtout connus pour leur rôle thérapeutique en première intention dans le traitement de la malaria due aux cinq espèces de Plasmodium responsables de la maladie chez l’homme, ils sont aussi utilisés dans les cas de bilharziose, de distomatose, de leishmaniose viscérale et de pancréatite chronique ainsi que comme marqueur biologique d’une nécrose hépatique16,17.

Malaria
La prescription d’artémisinine, sous forme d’infusions, dont l’eau ne doit pas avoir bouillinote 3, de feuilles séchées de l’Armoise annuelle peut s’avérer très efficace et des résultats acceptables ont été obtenus avec des cures sous forme de tisanes, à utiliser au moment des fièvres. Les meilleurs résultats sont obtenus par simple macération dans l’eau froide ou dans le lait dont les lipides favorisent la dissolution et la stabilité moléculaire de l’artémisinine18.

Pourtant, cette utilisation en tisane fut fortement et rapidement déconseillée par l’OMS, car cette approche pouvait favoriser la résistance du parasite à la molécule semi-synthétique de l’artéméther. Bien que l’application du principe de précaution de la part de l’OMS soit louable, certains firent remarquer qu’aucune forme de résistance à l’artémisinine n’a été enregistrée en Chine, alors que cette tisane est utilisée seule depuis près de 2000 ans19. L’incertitude apparue découlait de la possibilité nouvelle d’une utilisation systématique et d’une application en masse de traitements à base d’artémisinine de qualité plus ou moins variable sur une très nombreuse population, une situation qui jusqu’à présent ne s’était encore jamais produite avec cette substance. C’est pourquoi, dès 2002, l’OMS publie une recommandation claire sur la nécessité d’utiliser l’Artemisinin-based combination therapy (ACT) dans les pays touchés par les résistances aux antipaludiques classiques. Sur l’avis d’experts internationaux, elle recommande l’introduction de polythérapies pour remplacer les monothérapies dans le traitement du paludisme et préconise en particulier le recours à des associations médicamenteuses contenant des dérivés d’artémisinine.

La politique de précaution pratiquée par l’OMS s’est avérée réaliste car, dès 2009, les premiers cas de résistance de Plasmodium falciparum à l’artémisinine ont été signalés et confirmés en Asie du Sud-Est20,21. C’est ainsi qu’en mai 2010, elle édite une mise à jour de ses recommandations22.

Cependant, une monothérapie à base d’artémisinine, ou d’un de ses dérivés comme l’artésunate ou l’artéméther ainsi que leur métabolite commun : la dihydroartémisinine, administrée sous forme de suppositoire, comme un Rectocap™note 4 de 200 mg d’artésunate, peut s’avérer particulièrement utile dans les cas de paludisme simple quand les patients sont incapables d’ingérer (vomissements répétés, impossibilité de manger/boire/téter, convulsions récurrentes, absence de réactions à la douleur, coma, absence de réactions psychomotrices) ou quand les présentations injectables ne sont pas disponibles ou qu’elles sont impossibles à administrer23. À noter, aussi, que l’utilisation d’une capsule rectale est préférable à une injection intramusculaire (IM) car n’importe qui est capable de l’administrer, il n’y a aucun risque d’infection par l’aiguille et la durée de réponse du produit est plus rapide. Elle est aussi préconisée par injection intraveineuse (IV) en traitement de première intention dans les cas de paludisme sévère.

Cette monothérapie (monodose de 10 mg/kg, ce qui est le plus communément conseillé, ou de minimum 8,5 mg/kg) induit une réaction parasitaire dans les douze heures et est supérieure à la quinine dans les vingt-quatre heuresnote 5. Elle doit impérativement être suivie, dès que possible, par un traitement avec une association médicamenteuse d’une ACT.

Bilharziose
Au début des années 1980, des chercheurs chinois ont découvert que l’artémisinine et ses dérivés sont aussi des anthelminthiques efficaces contre Schistosoma japonicum, un des schistosomes responsables de la bilharziose17. Des essais cliniques de phase III furent menés, au début des années 2000 et avec succès, en Afrique et en Chine sur d’autres espèces de trématodes responsables de la bilharziose et de la distomatose24.

L’effet antiparasitaire le plus important se produit lorsque le schistosome est au stade juvénile de schistosomule.

Dans l’avenir, l’artémisinine et ses dérivés, au vu de leurs faibles effets secondaires et de leur demi-vie nettement plus longue (entre 1,9 et 2,6 heures pour l’artémisinine contre 0,8 et 1,5 heure pour le praziquantel) devraient prendre une place importante au côté du praziquantel qui est, actuellement, le médicament le plus utilisé pour traiter la bilharziose26.

Cancers
Des recherches in vitro ont montré l’action anticancéreuse de l’artémisinine combinée à du fer. En arrêtant le facteur de transmission E2F1, l’artémisine intervient dans la destruction des cellules cancéreuses – essais menés sur le cancers du poumon et du sein27.

Effets indésirables
L’artémisinine est, en règle générale, bien tolérée par voie entérale et n’a que peu d’effets secondaires de trouble du système digestif le plus souvent causé par hyporexie ou dysphagie28. Ces effets sont plus fréquents lors d’une infection par Plasmodium falciparum. Sa dose létale médiane est légère (5 576 mg·kg-1 par voie entérale chez le Rat domestique). Une certaine neurotoxicité et des effets abortifs sont observés lors d’essais prolongés chez le Rat domestique mais vu la clairance rapide (demi-vie entre 1,9 et 2,6 heures dans le plasma sanguin) et l’exposition courte (3 à 5 jours) à la substance active lors d’une thérapie, ces risques sont considérés comme nuls chez les patients impaludés qui ne sont pas des femmes enceintes.

L’administration par injection intraveineuse (IV) peut entraîner dans 10 à 25 % des cas une anémie hémolytique qui apparaitra souvent post-traitement29,30.


[Total : 54    Moyenne : 3.4/5]
Qu’est-ce que l’Artémisinine?
• L’Artémisinine est une lactone sesquiterpénique, isolée de la plante Artemisia annua L. (est utilisée dans le traitement de la malaria).
• Le Dr. Zhenxing Wei a été le premier à isoler l’artémisinine en 1970.
• La molécule d’artémisinine contient un pont endopéroxyde qui réagit au fer pour former des radicaux libres.
• Il y existe plusieurs formes d’artémisinine incluant l’Artesunate et l’Artemether.
Comment fonctionne l’artémisinine ?
• L’artémisinine provoque la mort des cellules cancéreuses par apoptose.
• La molécule d’artémisinine contient un pont endopéroxyde qui réagit avec l’atome de fer contenu
dans la cellule pour former des radicaux libres.
• La formation de radicaux libres entraîne des dommages macromoléculaires et la mort de la
cellule.
• Les cellules cancéreuses ayant une concentration en fer plus importante, sont ainsi plus vulnérables.

Culture de l'artémisinine anti-cancer

Culture de l’artémisinine anti-cancer

Recherches sur l’artémisinine
• La première étude avec l’artémisinine (1995) a été effectuée sur des cellules de cultures (ligne de
cellules de leucémie MOLT-4 lymphoblastoide).
• Les résultats ont montré que toutes les cellules MOLT-4 ont été tuées en 8 heures par 200 micromoles de dihydroartémisinine.
• Ce médicament est 100 fois moins toxique aux lymphocytes humaines en culture.
Recherche sur l’artémisinine : essais sur les chiens
• Les essais sur les chiens ont débuté aussitôt après les résultats encourageants obtenus avec les expériences MOLT-4 (1994-1995).
• Des chiens de différentes races (mâles et femelles) ayant différents types de cancers (lymphosarcome, adénocarcinome mamaire, ostéosarcome, etc.) ont été traités.
• Résultats : variables selon les chiens, mais généralement satisfaisants. La taille des tumeurs a
régressé drastiquement. Aucune récidive de cancer chez les 5 chiens ayant reçu de l’artémisinine.
Recherche sur l’artémisinine :
Cellules de cancer du sein in vitro
• La plus récente recherche a été publiée en 2001 au sujet de lignes cancéreuses du sein (HB 27)
in vitro.
• Les cellules cancéreuses du sein traitées avec de la dihydroartémisinine et de l’holotransferrine
ont été pratiquement éliminées (après 16 h, on ne comptait plus que 2 % de cellules encore
vivantes)
Recherche sur l’artémisinine :
Cellules de cancer du sein in vitro
• Un examen morphologique des cellules cancéreuses du sein traitées avec la dihydroartémisinine et l’holotransferrine montra qu’elles étaient en phase d’apoptose et de nécrose.
• Le médicament n’a eu aucun effet sur les cellules saines du sein.
Les cellules cancéreuses du sein in vitro meurent très vite et presque totalement (98%) après un traitement à la dihydroartémisinine et l’holotransferrine.
Les cellules cancéreuses du sein n’étaient définitivement plus viables après seulement 8 h de
traitement à la dihydroartémisinine et à l’holotransferrine, comme prouvé après le réensemencement.
Le nombre de cellules normales du cancer du sein avait légèrement baissé avec le traitement, laissant
supposer quelques dommages aux cellules saines.
Principes de thérapie à l’artémisinine :
comment tuer les cellules cancéreuses ?
• Dépérissement par suppression des nutriements.
• Faire de l’exercice en créant de l’H2O2 (péroxyde d’hydrogène)
• Prendre de la vitamine C, de la vitamine D, de l’artémisinine et ses dérivés
• Avoir un PH alcalin dans le corps Bénéfices de l’exercice
• Génère du péroxyde d’hydrogène.
• Produit de grandes concentrations d’oxygène dans le corps.
• Avec l’aide de la vitamine D, calcifie les os.
• Accroît la circulation permettant aux cellules du système immunitaire d’atteindre les cellules cancéreuses
• Sentiment de bien-être (appétit accru)
• Accroît le processus d’excrétion
• Augmente la tolérance à la douleur
Pour tuer les cellules cancéreuses:
Bénéfices généraux :
Caractéristiques communes observées chez les patients atteints de cancers (tout ce qui suit conduit à une diminution du calcium) :
• Manque d’exposition au soleil ou aversion pour le soleil.
• Manque d’exercice physique ou vie sédentaire de manière générale.
• Habitudes de sommeil anormales (sommeil excessif, sieste durant la journée).
• Faible consommation de lait ou aversion pour le lait.
• Souper tardif suivi immédiatement du coucher
Conclusion
• L’artémisinine peut être utilisée pour traiter plusieurs types de cancer.
• Les effets secondaires sont minimes et ce médicament peut être pris oralement.

 


[Total : 14    Moyenne : 3.9/5]

Aujourd’hui des recherches surles bienfaits  l´artémisinine de la plante Artemisia annua, en tant que remède contre le cancer ! Un produit qui pourrait agir sans entraîner les terribles effets secondaires tels que la perte de cheveux due aux cytostatiques classiques… et ainsi entraîner des gains inespérés pour l’industrie pharmaceutique.

Ce qui REUNIT l’industrie pharmaceutique et les patients atteints de cancer est la recherche de cytostatiques ayant peu ou pas d’effets secondaires. Mais ce qui SEPARE les deux, c’est le produit final : pour l’industrie pharmaceutique, il doit être un médicament brevetable, si possible cher ; pour le patient, l’idéal inconcevable serait, dans le meilleur des cas, un médicament qu’il puisse cultiver dans son propre potager. C’est ici qu’entre en jeu l’artemisia, notamment suite à l’article de la Tageszeitung ‘taz’ concernant la recherche sur l’artémisinine au centre de recherche sur le cancer. Je reçois maintenant presque quotidiennement des appels comme celui-ci : « J’ai un parent qui souffre du cancer xy, très rare, et qui est traité avec tel et tel médicament et avec tant et tant d’irradiations, penses-tu qu’on pourrait remplacer ou compléter ce traitement avec l’artemisia ? » Pour être tout à fait franc, je ne le sais pas non plus ! Aucun expert ne peut l’affirmer ! Selon le Prof. Duke, les feuilles d’artemisia annua contiennent 20 composants avec un effet anti tumoral.

Chacun de ces corps agit contre une large étendue de différents types de tumeurs. L’artemisia contient 225 autres composants qui peuvent influencer l’évolution d’une tumeur. Des centaines de thèses sont donc nécessaires… mais où sur terre existe-t-il encore des cliniques du cancer ou une université de pharmacie qui puissent effectuer ses recherches indépendamment de l’influence des sponsors ??? En fait, il est scandaleux que ce soit l’industrie et peut-être même la bienveillance de quelques grandes fortunes qui décident, si les plantes médicinales de notre Création peuvent être étudiées !

L'artémisinine la plante anti-cancer

L’artémisinine la plante anti-cancer

Un exemple : notre collaborateur Florian Freier (lauréat « Jugend forscht » 2006) a démontré, en collaboration avec l’université de Tübingen, que l’artémisinine augmente la sensibilité aux irradiations d’une lignée cellulaire tuméreuse : les cellules tuméreuses sont plus sensibles aux irradiations, les cellules saines non. S’il est possible de généraliser cette constatation, la dose d’irradiations pourrait être réduite dans une thérapie parallèle à l’artemisia ! Les recherches se poursuivent-elles en ce sens ? Votre quotidien en a-t-il jamais rendu compte ? Aucun intérêt pour l’industrie !

Il ne reste qu’une solution : une expérimentation individuelle, si possible en collaboration avec un médecin qui n’a pas vendu son art de la médecine et sa conscience à l’industrie pharmaceutique. Et maintenant mon souhait : transmettez à Anamed International e.V. vos rapports avec les résultats de la thérapie à l’artemisia : rien ? moyen ? bon ? Il n’y a que comme ça que nous pouvons rendre des jugements objectifs. J’estime le nombre de patients touchés par une tumeur qui se soignent à l’artemisia à plus de 100… mais les rapports ne nous sont transmis que très rarement. Et comme déjà évoqué, il est également important pour nous de savoir si le traitement n’a eu aucun effet ou si l’état du patient s’est empiré !!!

Selon notre expérience, la tisane n’a aucun effet sur un tiers des patients, peu d’effet sur un autre tiers et un effet surprenant sur le dernier tiers, certains parlent même de « guérison ». Le mieux est que le patient prenne la dose élevée d’artemisia pendant 14 jours (voir ci-dessus), c’est-à-dire 5 g par jour sous forme de tisane ou, en cas de douleurs intestinales, sous forme de poudre avec du yaourt par exemple. Si aucune amélioration n’est constatée au bout de 14 jours, c’est-à-dire si le patient ne se sent pas mieux et si ses valeurs ne se sont pas améliorées, il n’y aucun intérêt à continuer à prendre de l’artemisia. Dans le cas contraire, selon la gravité de la maladie, nos patients continuent le traitement à l’artemisia, à dose élevée ou faible, selon les résultats et la tolérance de chacun, pendant des mois ou des années.

Comme c’est le cas aussi pour la malaria et le SIDA- une seule substance est vraiment étudiée aux universités (ainsi brevetable et commercialisable) : l’artémisinine.

Bienfaits de l’artémisinine : l’artémisinine est brevetée contre les tumeurs et est utilisée, bien que très rarement encore, pour le traitement des tumeurs en thérapie anti tumorale. C’est in vitro, c’est-à-dire en laboratoire, que l’artémisinine était la plus efficace contre les lignées cellulaires de la leucémie, du cancer du gros intestin, du mélanome et des cancers du sein, des ovaires, de la prostate, du cerveau et des reins. * Pour obtenir de plus amples informations sur chacune des ces tumeurs (prenons par ex. le cancer des poumons), entrez ces différents termes dans le moteur de recherche google : « artémisinine cancer du poumon », « artemisinin lung cancer », « artémisinine annua cancer du poumon », « artemisinin annua lung cancer ».


[Total : 14    Moyenne : 3.6/5]

Les propriétées de L’artémisinine est apparemment la dernière trouvaille en ce qui concerne les traitements naturels pour lutter contre le cancer.

L’Artemisia annua : contre le paludisme et le cancer
L’Artemisia annua est une plante aromatique qui a été utilisée par la médecine chinoise en tant que puissant remède du paludisme, maladie qui, en dépit des statistiques officielles, reste la plus ravageuse de la planète. L’artémisine est le principe actif de cette plante. On vient de se rendre compte de sa stupéfiante efficacité contre le cancer du poumon et du sein. À condition d’y ajouter du fer.

La Revue des Sciences de la Vie (USA) a présenté une vaste étude de l’Université de Washington, menée par les Drs Narenda Singh et Henry Lai sur l’artémisine. Elle a découvert au départ que l’artémisine pouvait détruire rapidement près de 30% des cellules cancéreuses du poumon. Mais en la combinant avec du fer, elle éradique jusqu’à 98% des cellules cancéreuses, en seulement 16 heures !

En plus, la consommation de cette plante n’a aucun impact sur les cellules pulmonaires saines en raison du fer qui se joint sélectivement au tissu cancérisé, ceci favorisant l’attaque ciblée de l’artémisine.

Une autre étude a été menée sur des échantillons de tumeurs mammaires cancéreuses in vitro. Vu que ces cellules ont aussi une forte propension à accumuler le fer, il a aussi été associé du fer à l’artémisine. Il a ainsi été obtenu un taux de 75 % de destruction du cancer après seulement 8 heures et presque 100% en seulement 24 heures.

Culture de l'artémisinine une des plantes les plus anti-cancer

Culture de l’artémisinine une des plantes les plus anti-cancer

Depuis, de nombreuses expériences ont été menées sur différents cancers (prostate, intestins….), et jusqu’à présent elles ont toutes prouvé que l’artémisine combinée au fer détruisait sélectivement les tumeurs cancéreuses, ce qui a fait définir l’artémisine – par le Dr Len Saput -, comme « une bombe intelligente pour le cancer »

Formes galéniques et mode d’utilisation
L’artémisine est présente surtout dans les feuilles, mais les flavonoïdes résident surtout dans les tiges de l’Artémisia annua ; il est donc préférable de prélever non seulement les feuilles mais aussi les tigelles de la plante pour faire la poudre ou la tisane.

Les feuilles d’armoise annuelle doivent pouvoir se trouver en herboristerie et peut-être en pharmacie – mais attention ! Ne vous laissez pas vendre de l’armoise vulgaire (très courante) à la place de l’annuelle, ce n’est pas la même et elle ne marchera pas !

En l’occurrence, il existe autour de 50 variétés d’armoise, dont certaines sont dangereuses.

– L’Artémisia annua en poudre est nettement plus efficace que la tisane ; c’est pour cela que je ne m’étendrai pas sur la formule infusion.
– Les feuilles avec leur tigelle, doivent être séchées à l’ombre dans un endroit aéré pendant au moins 5 jours. On les réduit ensuite en poudre fine avec un blinder.

La dose journalière est entre 500 mg et 1 000 mg.


[Total : 5    Moyenne : 3/5]

La demande mondiale d’artémisinine, le principe actif clé des associations thérapeutiques à base
d’artémisinine (ACT), a augmenté depuis que l’Organisation mondiale de la Santé a identifié les
ACT comme le traitement antipaludéen le plus efficace disponible à l’heure actuelle.

L’approvisionnement en artémisinine naturelle (dérivée de l’armoise annuelle) ne suffisant pas
toujours à répondre aux besoins, l’existence de multiples sources d’artémisinine de grande qualité
renforcera la chaîne d’approvisionnement de ce principe actif, contribuera à stabiliser son prix et
permettra de garantir la disponibilité des traitements pour les personnes souffrant de paludisme.
Le développement d’un nouveau procédé de fabrication industrielle pour produire une source
complémentaire d’artémisinine a débuté il y a neuf ans, piloté par OneWorld Health et financé par
la Fondation Bill et Melinda Gates. Le projet s’appuie sur le travail avant-gardiste mené par le Dr
Jay Keasling dans la biologie de synthèse et l’Université de Californie à Berkeley. Il a également
réuni une équipe de partenaires privés et publics, dont Sanofi et Amyris, Inc, une entreprise
spécialisée dans les technologies de biologie de synthèse, pour faire passer ce projet du stade de
la recherche de laboratoire à celui de la commercialisation.

L'artémisinine une des plantes les plus anti-paludique

L’artémisinine une des plantes les plus anti-paludique

« Développer les innovations vitales à grande échelle nécessite de nombreuses choses, mais tout
commence avec des partenariats solides et une écoute attentive des besoins du terrain », a
déclaré Steve Davis, Président-Directeur Général de PATH. « C’est pour cette raison que je suis
très satisfait de notre partenariat avec Sanofi pour industrialiser la production d’artémisinine semisynthétique, un élément clé du traitement contre le paludisme. Favoriser un approvisionnement
stable et accessible d’artémisinine de haute qualité est un des efforts essentiels de PATH pour
parvenir à éliminer le paludisme et faire avancer l’équité en santé. Une vie sans paludisme est une
vie riche de possibilités. »
Ce procédé innovant de fabrication d’artémisinine semi-synthétique comprend la production d’acide
artémisinique par fermentation (réalisée par Huvepharma en Bulgarie) et sa transformation
synthétique en artémisinine par photochimie, réalisée sur le site Sanofi de Garessio. L’objectif de
Sanofi est de produire 35 tonnes d’artémisinine en 2013 et 50-60 tonnes en moyenne en 2014. Il
permettra de satisfaire en bonne partie la demande du marché et de garantir la production de 80 à
150 millions de traitements ACT.
« Sanofi est très fier d’annoncer la production à grande échelle d’artémisinine semi-synthétique sur
son site de Garessio en Italie », a déclaré Philippe Luscan, Senior Vice-Président, Affaires
Industrielles de Sanofi. « Cette étape décisive est le symbole de l’expertise exceptionnelle des
chimistes industriels de Sanofi, ainsi que de leur esprit d’innovation et de leurs capacités, qualités
2/2
pour lesquelles nous avons été honorés de recevoir le prix scientifique français Pierre Potier en
2012. »
Sanofi s’engage à produire de l’artémisinine semi-synthétique dans le cadre d’un modèle à prix
coûtant, de manière à le proposer à faible prix aux pays en développement. Il s’agit d’une étape
décisive dans la lutte contre le paludisme, maladie qui touche environ 300 millions de personnes et
a entraîné plus de 650 000 décès en 2010.


[Total : 2    Moyenne : 5/5]

La réaction de l’artémisine avec le fer a attiré l’attention d’une équipe de chercheurs de l’université de Washington, à Seattle dans l’étude du cancer.

Les cellules cancéreuses, tout comme le font les parasites du paludisme, recueillent et stockent le fer dont elles ont besoin pour se reproduire et se diviser. Cela a pour conséquence, que les cellules cancéreuses ont une concentration en fer beaucoup plus élevée que des cellules normales.
Le Dr Henry Lai a examiné pendant sept ans le potentiel de l’artémisine dans le traitement de différents types de cancer et a obtenu des résultats prometteurs. Il a étudié l’effet combiné de dihydroartemisine (un analogue de l’artémisine avec une meilleure solubilité dans l’eau) et d’holotransferrine, in vitro, sur des cellules humaine de cancer du sein et l’a comparé à la réponse de cellules humaines du sein normales. Après incubation avec l’holoferrine -qui augmente la concentration en ion ferreux des cellules cancéreuse- la dihydroartémisine a détruit efficacement les cellules cancéreuses de sein résistantes aux radiations. Après huit heures, il ne restait plus que 25 % des cellules cancéreuses et après seize heures, elles étaient presque toutes mortes. Cette combinaison a par contre eu très peu d’effet sur les cellules saines.

L'artémisinine la plante anti-cancer

L’artémisinine la plante anti-cancer

De précédentes recherches portant sur des cellules leucémiques ont donné des résultats encore plus marquants. Elles ont été éliminées en seulement huit heures. La concentration en fer des cellules leucémiques pourrait expliquer ces résultats. Elles peuvent, en effet, avoir une concentration en fer 1 000 fois plus élevée que des cellules normales.
L’activité anticancéreuse de l’artémisine a été également testée contre 55 lignées cellulaires cancéreuses au National Cancer Institute des États-Unis. L’artémisine était plus active contre les lignées de cellules de leucémie et de cancer du côlon. Plus prometteur encore, la forte activité de l’artémisine contre des lignées de leucémie résistantes aux médicaments. D’autres lignées de cellules cancéreuses indiquant une certaine réaction à l’activité de l’artémisine incluaient le mélanome, les cancers du sein, de la prostate, des reins et du système nerveux central comme le glioblastome et le neuroblastome.
Dans des travaux récents, l’artémisine a été liée de façon covalente à la transferrine, une glycoprotéine transportant le fer dans le plasma. La transferrine est transportée dans les cellules à travers des récepteurs induits par endocytose. Les cellules cancéreuses expriment beaucoup plus de récepteurs à transferrine à leur surface et absorbent davantage de transferrine qu’une cellule normale. Compte tenu de cela, des chercheurs ont émis l’hypothèse qu’en collant l’artémisine à la transferrine, l’artémisine et le fer seraient transportés ensemble à l’intérieur de la cellule cancéreuse. Une fois à l’intérieur, le fer est libéré et peut aussitôt réagir avec l’artémisine toute proche, puisque collée à la transferrine. Cela devrait renforcer la toxicité et la sélectivité de l’artémisine à l’égard des cellules cancéreuses. Les résultats ont effectivement montré que l’artémisine collée à l’holotransferrine tuaient les cellules cancéreuses de façon plus puissante et plus sélective que l’artémisine seule.
Une incompatibilité avec l’action des antioxydants
La supplémentation en antioxydants pourrait être contre-indiquée pendant la prise d’artémisine. En effet, exerçant son activité dans l’organisme en créant des radicaux libres qui interagissent avec le fer dans la cellule cancéreuse, toute substance protégeant des dommages radicalaires pourrait contrarier son efficacité.


[Total : 1    Moyenne : 5/5]

L’ Artemisia Annua, utilisée en herbologie chinoise depuis plus de 2 000 ans, réduirait les cellules cancéreuses du poumon jusqu’à 28% et le traitement de la malaria.

Combinée avec le fer, cette plante incroyable tue 98% des cellules cancéreuses en seulement 16 heures.
Si l’artémisinine et ses dérivés sont surtout connus pour leur rôle thérapeutique en première intention dans le traitement de la malaria due aux cinq espèces de Plasmodium responsables de la maladie chez l’homme ils sont aussi utilisés dans les cas de bilharziose, de distomatose, de leishmaniose viscérale et de pancréatite chronique ainsi que comme marqueur biologique d’une nécrose hépatique.

L'artémisinine la plante anti-cancer et anti-malaria

L’artémisinine la plante anti-cancer et anti-malaria

Teinture mère, posologie
Une goutte par kilo de poids trois fois par jour dans un verre d’eau
exemple pour une personne de 50 kilos, 50 gouttes de teinture mère dans un
verre d’eau, trois par jour ( 150 gouttes par jour au total )
L’ Artemisia Annua, utilisée en herbologie chinoise depuis plus de 2 000 ans, réduirait les cellules cancéreuses du poumon jusqu’à 28%.
Combinée avec le fer, cette plante incroyable tue 98% des cellules cancéreuses en seulement 16 heures.

Si l’artémisinine et ses dérivés sont surtout connus pour leur rôle thérapeutique en première intention dans le traitement de la malaria due aux cinq espèces de Plasmodium responsables de la maladie chez l’homme ils sont aussi utilisés dans les cas de bilharziose, de distomatose, de leishmaniose viscérale et de pancréatite chronique ainsi que comme marqueur biologique d’une nécrose hépatique.


[Total : 1    Moyenne : 5/5]

L’ ARTEMISIA ANNUA est une des plantes les plus anti-paludique et anti-cancer au monde.

1) La Culture de l’Artemisia Annua
Semis: les graines d’Artemisia annua sont très petites (plus de 10 000 graines par gramme) et
il est conseillé de les mélanger avec du sable fin ou de la cendre (une cuillerée de graines pour
5 à 6 cuillerées de sable ou de cendre) avant de semer. Il faut semer dans une boite remplie de
terre meuble et bien arrosée.
Un repiquage est nécessaire ; on le réalise lorsque le semis devient trop dense, habituellement
3 à 4 semaines après le semis, ou lorsque les plants atteignent 4 cm de haut, en repiquant
chaque plant dans de petits pots (type pots de yaourt).
Puis quand les plants ont atteint une hauteur de 15 cm, ou que 5 à 6 feuilles ont poussé, on
peut repiquer en pleine terre, habituellement après 3 nouvelles semaines. Après avoir préparé
la terre, on repique tout le contenu du pot, en espaçant suffisamment les plants. Il faut arroser
et désherber au début ; par la suite aucun traitement particulier n’est nécessaire.
La croissance ultérieure demande plusieurs semaines. Sous des climats tempérés, comme c’est
le cas en France, la plante peut atteindre une hauteur de 1,5 à 2 mètres et il faut repiquer en
ménageant des intervalles de 80 cm entre les plants, pour avoir un espacement suffisant.
Lorsque la durée du jour est invariable, comme c’est le cas en Afrique noire, la maturation est
rapide et la croissance des plants ne dépasse pas 20 à 80 cm de hauteur.
En Afrique, il semble que la culture de l’Artemisia annua soit plus difficile, et plusieurs
expériences se sont soldées par des échecs. Contrairement à ce que l’on pensait, il semble
préférable de ne pas semer directement en pleine terre et donc de semer dans une boîte de
terre bien ameublie et surtout d’arroser abondamment. Les semences sont photosensibles et la
germination est meilleure si les graines restent proches de la surface. Par ailleurs si la plante
adulte est répulsive pour les insectes, les jeunes pousses peuvent être ravagées par les
chenilles (cutworm ou ver gris) et P Lutgen (comm part) conseille de les protéger par un
traitement avec des solutions à 1% d’huile ou d’extrait de neem, ou même de traiter le sol
avec une telle solution avant semailles. Idéalement il faut préparer la terre avec du compost et
de la terre de termitière, puis légèrement tasser la terre avec un rouleau ou une planche, puis
semer. Il faut garder la graine en atmosphère humide et arroser généreusement surtout si l’on
plante en saison sèche. Pour conserver l’humidité, qui est essentielle pour la germination, on
peut recouvrir la zone semée avec une fine couche de terre meuble ou de sable ou un film de
plastique. Lors du repiquage, l’espace entre les plants peut n’être que de 30 à 60 cm étant
donné la petite taille des plants à maturation.

L'artéminisinine surement la plante la plus anti-cancer au monde
L’artéminisinine surement la plante la plus anti-cancer au monde

2) La récolte des feuilles
Classiquement il faut la faire dès le bourgeonnement des fleurs, au début de la floraison, car la
concentration en artémisine est maximum au moment du bourgeonnement et décroit
rapidement après la floraison. En fait des travaux récents ont montré que la teneur en
artémisine n’est pas un élément essentiel, et on peut faire la récolte jusqu’en fin de floraison.
La récolte se fait habituellement 4 à 5 mois après la plantation.
Le procédé de récolte le plus simple consiste à couper et rassembler les plants, puis les étaler
sur un tissu pour le séchage. Le séchage est indispensable car la concentration en artémisine
est nettement plus importante dans les feuilles sèches que dans les feuilles vertes ; il peut se
faire à l’ombre ou au soleil, le séchage à l’ombre étant préférable pour la teneur en artémisine.
Lorsque la plante est sèche (après environ 4 à 5 jours) il faut détacher les feuilles des tiges les
plus volumineuses. Les feuilles contiennent surtout l’artémisine, mais elles ne sont pas seules
à contenir les principes actifs ; les tiges contiennent notamment les flavonoïdes et il est
préférable de garder les petites tiges sur lesquelles s’attachent les feuilles. Ceci peut se faire
en frappant les plants contre une surface dure, ou en empaumant les plants à leur base et en
arrachant les feuilles en remontant la main de bas en haut le long de la tige. On peut aussi ne
pas couper la tige, la laisser sur pied et arracher chaque tigelle une par une, puis faire sécher.
Ce procédé est nettement plus long, mais les feuilles gardent leur aspect normal et surtout la
teneur en artémisine est maximum. Enfin après séchage il faut stocker les feuilles dans des
sacs en tissu opaque dans un endroit frais et à l’ombre et éviter soigneusement de ré
humidifier les feuilles.
Il peut être difficile de déterminer précisément la phase de transition entre les feuilles et la
floraison, car les feuilles ont tendance à disparaître au moment du bourgeonnement ; de plus
les fleurs sont de très petite taille, avec une coloration jaunâtre, et il est souvent délicat de les
différencier de petites feuilles.
3) La récolte des graines
Elle ne doit être faite ni trop tôt car elles risquent de ne pas être arrivées à maturité, ni trop
tard car elles risquent de tomber par terre et d’être perdues. Le procédé le plus simple consiste
à couper les tiges et les secouer contre un plan dur ou les battre pour faire tomber les graines.
Quand les graines sont en formation, on peut enfermer les terminaisons florales (sans les
serrer) dans un petit sac en plastique percé de trous, afin d’éviter la dissémination des graines
et de limiter les impuretés.
A noter que si l’on récolte les feuilles juste avant la floraison, on risque de compromettre la
récolte de graines. Lorsque l’on commence une plantation d’Artemisia annua, il faut donc ne
pas récolter toutes les feuilles et conserver une partie des plants pour récolter ultérieurement
les graines, en les repérant avec un tissu ou une marque quelconque.
4) La préparation de la tisane
La quantité de feuilles recommandée pour la préparation en tisane est de 5 à 7 grammes de
feuilles pour un litre d’eau bouillante (soit une bonne cuiller à soupe). Il faut utiliser un
récipient en plastique ou mieux en verre pour faire infuser, et éviter un récipient en fer (le fer
réagissant avec l’artémisine). Il faut verser l’eau bouillante sur les feuilles (ne pas poursuivre
l’ébullition avec les feuilles, car cela détruit l’artémisine), remuer le mélange avec une cuiller
en bois, puis laisser infuser 10 minutes, le récipient étant recouvert. Puis il faut filtrer la tisane
(par exemple dans un tissu pour éviter le contact avec une passoire en fer), presser les feuilles
pour récupérer les reliquats d’artémisine dissoute, et enfin laisser refroidir la tisane.

A noter que l’on peut également utiliser de l’Artemisia annua fraîche, avec des résultats aussi
bons. Il faut alors faire macérer une poignée de feuilles dans de l’eau, puis essorer et boire le
jus, ou encore piler une poignée de plante, presser la pâte obtenue, et boire.
5) La posologie de la tisane
Chez l’adulte, la posologie recommandée est de 1 litre par jour en 4 prises de 250 cc. Chez
l’enfant, la posologie est de 15 à 20 cc/kg, c’est-à-dire ½ litre en 4 prises pour un poids de 30
kg (4 fois un pot de yaourt bien rempli), ou 120 à 130 ml en 4 prises pour un poids de 7 kg (4
fois un quart de pot de yaourt).
Lorsque l’administration par voie orale est impossible, (en cas de neuropaludisme avec
coma…), l’administration par voie rectale est possible sous forme de goutte-à-goutte à l’aide
d’une canule rectale, avec la même posologie que par voie orale, c’est-à-dire pour l’adulte un
litre de tisane dans laquelle ont infusé 9 à 10 grammes de feuilles d’Artemisia annua, à répéter
les jours suivants.
6) La préparation en poudre
La plante peut être directement consommée si elle est parfaitement réduite en poudre. La
poudre peut alors être mélangée aux aliments ; l’alternative est une préparation en gélules. Il
n’existe pas d’études précises concernant la posologie à recommander pour l’utilisation de la
poudre, mais on a constaté empiriquement qu’une dose quotidienne de 500 mg est suffisante
pour faire chuter la parasitémie et ce dosage semble actuellement pouvoir être retenu.
7) Ce que l’on peut retenir en 2013…
On peut retenir les quelques points suivants :
– L’artémisine est présente surtout dans les feuilles, mais les flavonoïdes sont présents surtout
dans les tiges de l’Artémisia annua ; il est donc préférable de prélever non seulement les
feuilles mais aussi les tigelles de la plante pour faire la poudre ou la tisane.
– L’Artémisia annua fraîche est aussi efficace que les feuilles séchées ; on peut donc l’utiliser
sous les deux formes, éventuellement même en pilant la plante fraîche, ce qui peut simplifier
la préparation.
– La teneur en artémisine n’étant pas l’élément principal, il n’est pas nécessaire de récolter les
feuilles exactement au début de la floraison, mais pendant ou même juste après celle-ci.
– L’adjonction de sucre, parfois proposée pour neutraliser l’amertume de la tisane, est à
déconseiller, car le sucre favoriserait le développement du parasite.
– L’Artémisia annua en poudre est nettement plus efficace que la tisane et elle semble à
privilégier lorsque cela est posible.
– L’Artémisia annua a un rôle curatif, mais aussi un rôle préventif (une prise hebdomadaire
serait suffisante…).

AVANT PROPOS
L’utilisation de l’Artémisia annua dans le traitement du paludisme est un sujet « brûlant », qui
déchaine les passions et qui est source d’interminables controverses, parfois sans grande
objectivité. D’innombrables travaux ont été consacrés au traitement du paludisme par
l’Artémisine extraite de l’Artemisia annua ; mais il ressort de plus en plus des travaux actuels
que ce n’est pas seulement l’artémisine, mais la plante entière qui est efficace sur le
paludisme, utilisée soit en tisane, soit en poudre. De ce fait, nous avons délibérément modifié
le titre de ce livret…
Le but de ce travail est de présenter de la façon la plus complète possible cette méthode de
traitement, depuis la culture de la plante jusqu’à l’analyse de l’efficacité de la plante.
L’Artémisia annua apporte non seulement l’artémisine (nous préférons dire artémisine, terme
plus français que « artémisinine », dérivant du mot anglais artemisinin), mais aussi les
nombreuses autres molécules présentes dans la plante, qui ont une action synergique de
l’artémisine. Tel qu’il est, ce texte comporte très probablement des lacunes ou des
inexactitudes ; nous serons heureux de les corriger… Nous souhaitons que ce livret permette à
ceux qui le souhaitent de tenter l’expérience de la culture et de l’usage de l’Artémisia annua.

INTRODUCTION
Le paludisme reste un problème de santé mondial, responsable de la mort de plusieurs
millions de personnes chaque année, dont une très forte proportion d’enfants. Il est
actuellement officiellement admis que le traitement à base d’artémisine combinée à des
molécules à action plus lente (ACT : artemisinin combined therapy) est le moyen le plus
efficace pour lutter contre le paludisme dû au Plasmodium falciparum. C’est le
traitement recommandé par l’OMS. L’artémisine supprime la parasitémie plus
rapidement que tout autre antipaludéen ; elle agit précocement dans le cycle parasitaire par
son effet parasitocide, les molécules à action plus lente prenant ensuite le relais.
Cependant ces médicaments à action plus lente sont connus pour être pour la plupart devenus
inefficaces en face du Plasmodium Falciparum. Par ailleurs les traitements actuels à base
d’artémisine ou de ses dérivés semi-synthétiques (arthemeter, artésunate, arteether) restent
coûteux (près de 10 fois plus chers que les traitements classiques par sels de quinine) et donc
le plus souvent non accessibles à la plupart des familles dans les pays les plus pauvres. Enfin
ces traitements ne sont pas toujours disponibles dans les régions endémiques les plus reculées.
Dans une étude faite à Bangui (République Centrafricaine) portant sur la disponibilité des antipaludéens et leur
utilisation, Manirakiza constate que les traitements par artémisine ou dérivés n’étaient disponibles que dans 35 sur 82 établissements évalués, et le médicament le plus couramment prescrit et utilisé restait la Chloroquine (66,7%), l’arthemeter ne représentant que 2,4% des antipaludéens utilisés. En 2008, selon le Rapport mondial sur
le paludisme de l’OMS, 38% des enfants fébriles étaient mis sous traitement antipaludique en Afrique noire, et seulement 3% avaient accès aux ACT.
De plus la durée de vie de l’artémisine et surtout de ses dérivés est brève, ne dépassant
pas quelques semaines, notamment en cas de conservation à température ambiante de plus de
35°. Enfin, les présentations disponibles sur les marchés sont parfois des imitations d’origine
douteuse, à teneur en artémisine insuffisante ou contenant d’autres substances totalement
inactives ou même toxiques.
Newton a rassemblé 391 échantillons de médicaments douteux vendus sous le nom d’artésunate dans le Sud-Est asiatique. La moitié d’entre eux (49,9 %) ne contenait pas d’artésunate ou en trop faible quantité. Par contre d’autres molécules étaient présentes, dont certaines à potentiel cancérigène. Dans une étude semblable portant sur des médicaments vendus sous le nom d’artésunate, Sengaloundeth  a constaté que dans 22 cas sur 25 les comprimés étaient des médicaments contrefaits sans aucune trace d’artésunate.
La multiplication des antipaludéens contrefaits devient ainsi un problème de santé publique.
Pourtant, en raison de sa grande efficacité immédiate, l’artémisine devrait être une solution
pour résoudre la tragédie que représente le paludisme chez l’enfant dans les régions
endémiques.
La préparation des feuilles d’Artemisia annua (ou Quinghao) sous forme de tisane est utilisée
dans la médecine traditionnelle chinoise depuis des siècles ; elle a été redécouverte par les
Chinois lors de la guerre du Vietnam. L’artémisine en a été extraite en 1975 ; elle a été
considérée comme le principal agent antipaludéen et elle a été proposée pour le traitement de
toutes les formes de paludisme chez l’homme, et notamment le paludisme du au plasmodium
falciparum multi-résistant. Au vu de la littérature récente, il apparait cependant que le
potentiel antipaludéen de l’Artemisia annua n’est pas uniquement dû à l’artémisine, et
plusieurs travaux ont montré que de nombreuses autres molécules contenues dans la plante,
essentiellement des flavonoïdes, ont également une action antipaludéenne propre ou
synergique de l’artémisine, et il semble que l’importance donnée à l’artémisine ait été
surestimée. Le rôle des flavonoïdes présents dans les feuilles et les tiges d’Artemisia annua
valorise ainsi beaucoup l’utilisation non de la molécule d’artémisine, mais de la plante entière
pour traiter l’accès palustre (25, 29, 65,17). La plante peut être réduite en poudre et
administrée sous forme de gélules, ou même simplement mélangée aux aliments. Les gélules
sont plus simples à administrer que la tisane, elles apportent toutes les molécules présentes
dans les feuilles, et sont même utilisables par voie rectale chez l’enfant, mais elles sont plus
coûteuses et non facilement réalisables sur place.
L’Artémisia annua peut être cultivée sous tous les climats, et de ce fait elle peut être
disponible sur place. La tisane peut être consommée pour un coût pratiquement nul.
Cependant l’artémisine a pour inconvénient sa rapidité d’élimination, et donc la brièveté de
son action. Cela expose à un risque de récidive précoce de l’accès palustre, et cela impose de
poursuivre le traitement par tisane durant plusieurs jours. Malgré ces imperfections, il est
tentant de proposer de traiter l’accès palustre par l’administration de tisane à base de feuilles
d’Artémisia annua, quasi gratuite et quasi universellement cultivable sur place, comme une
alternative aux traitements médicamenteux modernes, coûteux et parfois non disponibles. A
partir d’une revue de la littérature portant sur la culture de l’Artémisia annua et portant sur
l’efficacité de l’artémisine et des flavonoïdes présents dans la tisane, et à partir de l’analyse de
quelques cas personnels traités par gélules ou tisane d’Artémisia annua, les auteurs évaluent
ce moyen de traitement de l’accès palustre, non plus comme une alternative dans les cas où
les traitements officiels ne sont pas disponibles localement, mais comme un traitement à part
entière et tout aussi efficace. Ils ont développé un programme de culture de l’Artémisia annua
dont les buts sont de fournir localement des semences aux populations vivant dans les régions
sous-développées à endémie paludéenne, de favoriser la culture et la production locale de
l’Artémisia annua, de promouvoir la connaissance de la plante et de fournir documents et
conseils. Pour ce faire, ils ont créé une association non gouvernementale « Artemisia Contre
Paludisme (ACP) » dont le siège est situé à Longeville (Franche Comté, France). La plante est
cultivée en pleine terre à une altitude de 700 m, sans fertilisants.

L’HISTOIRE DE L’ARTEMISIA ANNUA
C’est à la suite des ravages faits par le paludisme dans les rangs de l’armée nord-vietnamienne
que Mao Tsé Toung a mis en route en 1967, en pleine révolution culturelle, le projet « 523 »
(ainsi nommé parce qu’il a été lancé le 23 Mai 1967), qui était un programme secret de
recherche sur le traitement du paludisme, basé sur l’étude des traitements de la médecine
traditionnelle chinoise (45). L’Académie de Médecine Traditionnelle Chinoise a confié cette
recherche à l’un de ses membres, Youyou TU, jeune pharmacienne âgée de 36 ans, dont le
nom est resté totalement ignoré jusque dans les années récentes (49).

Il faut dire que, durant la révolution culturelle, l’individu passait au deuxième plan derrière le
groupe, et qu’il pouvait être dangereux de se faire trop remarquer. Il est intéressant de noter
que les premières publications consacrées à l’artémisine (90) ne comportaient pas de nom
d’auteur… Ce n’est qu’en 2005 que le nom de Youyou TU a été associé à la découverte de
l’artémisine, et qu’elle est devenue célèbre : “Je participais à une réunion à Shangai en 2005
avec tous les spécialistes chinois du paludisme, et j’ai demandé qui avait découvert
l’artémisine,” raconte Louis Miller, un chercheur sur le paludisme au US National Institutes
of Health de Rockville, Maryland. “J’ai été surpris de découvrir que personne ne le savait.”
En 2011, Youyou TU a reçu le prestigieux prix Lasker DeBakey Clinical Research (59).
Youyou TU a rassemblé plusieurs milliers de recettes à base d’herbe ; elle a évalué 380
extraits de différentes plantes, parmi lesquelles l’Artémisia annua (ou Qinghao), qui était
connue depuis très longtemps pour son efficacité pour traiter la fièvre récurrente. Ainsi, au
4ème siècle, GE HONG en donnait une recette de préparation très précise : « prendre une
branche d’Artémisia annua ; faire tremper dans 400 ml d’eau ; presser vigoureusement,
recueillir le jus et boire ». Ou encore « piler soigneusement une branche d’Artémisia annua
dans un mortier, puis presser pour recueillir le jus, et boire ». A noter qu’il s’agit dans ces
préparations de plante fraîche, et non pas de feuilles séchées… A noter également qu’il s’agit
de toute la plante et non pas seulement des feuilles… (89).
Mme Youyou TU, membre de l’Académie de Médecine Traditionnelle Chinoise, à qui a été confié en 1967 la recherche d’un médicament efficace sur le paludisme, et qui a isolé la molécule d’artémisine.

Plus tard, au 11ème siècle, SHEN GUA recommandait l’utilisation d’Artémisia apiacea
(couleur bleu vert en période de floraison) plutôt que Artémisia annua (coloration vert clair),
en raison d’une efficacité plus importante (33). Or l’Artémisia apiacea contient beaucoup de
flavonoïdes, mais peu d’artémisine (43)…

Les premiers résultats obtenus par Youyou TU ont été décevants, car les extraits étaient
préparés avec de l’eau bouillante qui détruisait les composants actifs. C’est en 1971, en
réalisant une extraction par de l’éther à basse température, qu’elle a obtenu des extraits qu’elle
a testés en laboratoire sur des souris et des singes infectés par le parasite, avec une efficacité
pratiquement de 100% (92). Après avoir vérifié sur elle-même l’innocuité de l’extrait, elle l’a
testé sur l’homme, sur 21 patients impaludés, qui ont été guéris à 90%. En 1972 elle a isolé
une substance considérée comme l’élément actif de l’Artémisia annua, et lui a donné le nom
d’artémisine (ou Qinghaosu, le suffixe su signifiant « la substance active »). Mais on peut
encore noter que les premiers essais positifs avaient été faits avec de l’Artémisia annua
produite dans la région de Pékin, contenant peu d’artémisine. Comme Youyou TU désirait
disposer de beaucoup d’artémisine, elle a ensuite utilisé de l’Artémisia annua provenant de la
région du Sichuan, très riche en artémisine, avec des résultats cliniques identiques, ce qui
suggère encore que la concentration optimale en artémisine n’est pas nécessairement la
concentration maximale…
En 1975 Youyou TU a déterminé la structure de la molécule d’artémisine (sesquiterpène
lactone). En 1979 la publication d’un article dans le Chinese Medical Journal (90) fait
connaitre l’artémisine ; en 1981, le 4ème congrès du Groupe de Travail Scientifique sur la
Chimiothérapie du Paludisme, sponsorisé par le PNUD, la Banque Mondiale et l’OMS, se
tient à Pékin. L’artémisine devient connue dans le monde entier, et elle soulève l’intérêt des
grandes firmes pharmaceutiques, qui produisent les dérivés semi-synthétiques que l’on
connait (artésunate hydrosoluble, arthémeter liposoluble…), aboutissant en 1986 à la mise sur
le marché des premiers médicaments à base d’artémisine. Devant l’efficacité du produit, en
2004 l’OMS en commence la promotion à grande échelle, et recommande son utilisation en
association avec d’autres molécules « classiques » (les ACT, ou Artemisinin Combined
Therapy). Enfin, en 2011, l’OMS recommande l’utilisation de l’artésunate en monothérapie
par voie intra veineuse au lieu de sels de quinine dans le traitement du paludisme grave de
l’enfant.
Au 11ème siècle, SHEN GUA recommandait l’Artemisia apiacea plutôt que l’Artemisia annua en raison d’une meilleure efficacité.
Or l’Artemisia apiacea contient beaucoup de flavonoïdes, mais peu d’artémisine (Qinghaosu)…

LA CULTURE DE L’ARTEMISIA ANNUA
Semis: les graines d’Artemisia annua sont très petites (plus de 10 000 graines par gramme) et
il est conseillé de les mélanger avec du sable fin ou de la cendre (une cuillerée de graines pour
5 à 6 cuillerées de sable ou de cendre) avant de semer. Il faut semer dans une boite remplie de
terre meuble et bien arrosée. Pour conserver l’humidité, on peut recouvrir le semis avec un
plastique transparent. Un repiquage est nécessaire ; on le réalise lorsque le semis devient trop
dense, habituellement 3 à 4 semaines après le semis, ou lorsque les plants atteignent 4 cm de
haut, en repiquant chaque plant dans de petits pots (type pots de yaourt). Puis quand les plants
ont atteint une hauteur de 15 cm, ou que 5 à 6 feuilles ont poussé (fig 1 et 2), on peut repiquer
en pleine terre.

Il faut arroser et désherber au début ; par la suite aucun traitement particulier n’est nécessaire.

La croissance ultérieure demande plusieurs semaines. Dans l’expérience des auteurs à
Longeville, avec un semis au printemps au début du mois d’Avril, le repiquage est réalisé
durant la dernière semaine d’Avril et la récolte des feuilles se fait à la fin du mois d’Août.
Sous des climats tempérés, comme c’est le cas en France, la plante peut atteindre une hauteur
de 1,5 à 2 mètres et il faut repiquer en ménageant des intervalles de 80 cm entre les plants,
pour avoir un espacement suffisant, permettant une bonne croissance et un bon
développement des feuilles sur toute la hauteur de la tige. Cinq grammes de graines sont
suffisants pour ensemencer un hectare en pleine terre.
Lorsque la durée du jour est invariable, comme c’est le cas en Afrique noire, la maturation est
rapide, la croissance des plants ne dépasse pas 50 à 80 cm de hauteur, et il faut faire la récolte
des feuilles dès que la plante arrive à maturation. En Afrique, il semble que la culture de
l’Artemisia annua soit plus difficile, et plusieurs expériences se sont soldées par des échecs.
Contrairement à ce que l’on pensait, il semble préférable de ne pas semer directement en
pleine terre et donc de semer dans une boîte de terre bien ameublie et surtout d’arroser
abondamment. Les semences sont photosensibles et la germination est meilleure si les graines
restent proches de la surface. Par ailleurs si la plante adulte est répulsive pour les insectes, les
jeunes pousses peuvent être ravagées par les chenilles (cutworm ou ver gris) et P Lutgen (com
part) conseille de les protéger par un traitement avec des solutions à 1% d’huile ou d’extrait de
neem, ou même de traiter le sol avec telle solution avant semailles. Idéalement il faut préparer
la terre avec du compost et de la terre de termitière, puis légèrement tasser la terre avec un
rouleau ou une planche, puis semer. Il faut garder la graine en atmosphère humide et arroser
généreusement surtout si l’on plante en saison sèche. Pour conserver l’humidité, qui est
essentielle pour la germination, on peut recouvrir la zone semée avec une fine couche de terre
meuble ou de sable, ou encore recouvrir le semis d’un fin plastique transparent. Lors du
repiquage, l’espace entre les plants peut n’être que de 30 à 60 cm étant donné la petite taille
des plants à maturation.
Différents essais ont été effectués par l’association Artemisia Contre Paludisme : dans une
culture faite au Sénégal, le bourgeonnement a commencé 3 mois après le semis et la plante a
atteint une hauteur de 60 cm. Dans une autre culture au Bénin, le semis a été fait en Janvier et
le repiquage 3 semaines après ; la hauteur maximum obtenue était de 1 mètre. Dans un essai
de culture au Burkina Faso la plante n’a grandi que jusqu’à 20 à 30 cm. Dans les pays
africains on peut semer à n’importe quelle saison de l’année, mais si l’on sème en saison
sèche il faut généreusement arroser jusqu’au repiquage.
LA RECOLTE
La récolte des feuilles se fait habituellement 4 à 5 mois après la plantation. Classiquement
elle doit se faire dès le bourgeonnement des fleurs, avant la pleine floraison, car la
concentration en artémisine est maximum au moment du bourgeonnement et décroit
rapidement après la floraison. Dans une étude faite à Longeville, où le bourgeonnement s’est
produit durant les derniers jours du mois d’Août, la teneur des feuilles en artémisine était de
0,13% le 16 Août, de 0,31% le 26 Août, de 0,31% le 2 Septembre, et de 0,25% le 9
Septembre. En fait des travaux récents ont montré que la teneur en artémisine n’est pas un
élément essentiel, et on peut donc faire la récolte jusqu’en fin de floraison (fig 3). Il peut être
difficile de déterminer précisément la phase de transition entre les feuilles et la floraison, car
les feuilles ont tendance à disparaître au moment du bourgeonnement ; de plus les fleurs sont
de très petite taille, avec une coloration jaunâtre, et il est souvent délicat de les différencier de
petites feuilles.
Le procédé de récolte le plus simple consiste à couper et rassembler les plants, puis à les
suspendre dans un local aéré ou les étaler sur un tissu pour le séchage. Le séchage est un
temps important, car les feuilles une fois séchées peuvent se conserver plusieurs années. De
plus la concentration en artémisine est plus importante dans les feuilles sèches que dans les
feuilles vertes, notamment en cas de récolte précoce (46).
Le mode de séchage est discuté dans la littérature, l’exposition au soleil étant néfaste pour
certains (Laughlin, 41) et au contraire favorable pour d’autres (Simonnet, 73).
Dans une étude faite par ACP-Paludisme, la teneur en artémisine est de 0. 30% quand les plants sont séchés au
soleil et de 0. 36% quand ils sont séchés à l’ombre, suggérant qu’il est préférable d’éviter l’exposition au soleil.
Ferreira a comparé différents modes de séchage : séchage à l’ombre pendant 1 à 3 semaines, séchage au soleil pendant 1 à 3 semaines, séchage au four à 45° avec ventilation pendant 12 à 24 h et séchage par lyophilisation. Il a constaté que le mode de séchage, à l’ombre ou au soleil, ne modifie pas sensiblement la teneur en artémisine.
Par contre le séchage au four, néfaste pour la teneur en artémisine, est plus efficace pour
préserver l’activité anti-oxydante des feuilles. Quelque soit le mode de séchage, la teneur en
artémisine augmente pendant les trois premiers jours, sa biosynthèse étant déclenchée par le
séchage. Lorsque la plante est sèche, il faut détacher les feuilles des tiges. Les feuilles
contiennent surtout l’artémisine, mais elles ne sont pas seules à contenir les principes actifs ;
les tiges contiennent notamment les flavonoïdes et il est préférable de garder les petites tiges
sur lesquelles s’attachent les feuilles. Ceci peut se faire en frappant les plants contre une
surface dure, ou mieux encore en empaumant les plants à leur base et en arrachant les feuilles
en remontant la main de bas en haut le long de la tige. Ces techniques ont l’inconvénient de
fragmenter les feuilles en fines particules. On peut piler les feuilles jusqu’à obtention d’une
poudre fine que l’on peut conserver dans des récipients ou sacs en plastique opaques. Une
telle poudre est nécessaire si l’on veut utiliser la plante en gélules.
Un autre procédé consiste à laisser la tige sur pied et arracher chaque tigelle une par une, puis
faire sécher à l’ombre (fig. 4). Le procédé est nettement plus long, mais les feuilles gardent
leur aspect normal et surtout elles ont une forte teneur en artémisine (0. 84% dans l’étude faite
par ACP-Paludisme). Enfin après séchage il faut stocker les feuilles dans des sacs en tissu
opaque ou en papier solide dans un endroit frais et à l’ombre, et il faut impérativement éviter
une ré-humidification de la récolte, qui influe fortement sur la dégradation de l’artémisine.
Contrairement à ce que l’on pensait (30), les feuilles séchées ont une bonne stabilité et leur
teneur en artémisine reste satisfaisante à trois ans, à condition qu’elles soient conservées au
sec et à l’ombre.
Selon une expérience communiquée par P Lutgen (non publiée), après 7 semaines de conservation à 25°C et 65% d’hygrométrie, de même qu’à 35° C et 75% d’hygrométrie, la concentration reste constante. Après 39 mois de conservation à 25° C et 65% d’hygrométrie, la concentration reste à 0.78 %, mais elle s’effondre après conservation à 35° C et 75% d’hygrométrie.
Par contre la durée de conservation de la tisane est brève et son efficacité diminue rapidement
après l’infusion des feuilles, surtout quand elle est conservée à température ambiante ; il faut
donc utiliser de la tisane fraîchement préparée, datant de 24 heures au maximum.
La récolte des graines ne doit être faite ni trop tôt car elles risquent de ne pas être arrivées à
maturité, ni trop tard car elles risquent de tomber par terre et d’être perdues. A Longeville le
meilleur moment pour la récolte des graines se situe en automne, juste avant les premières
gelées. Le procédé le plus simple consiste à couper les tiges et après séchage à les secouer
contre un plan dur ou les battre pour faire tomber les graines.
A noter que si l’on récolte les feuilles juste avant la floraison, on risque de compromettre la
récolte de graines. Lorsque l’on commence une plantation d’Artemisia annua, il faut donc ne
pas récolter toutes les feuilles et conserver une partie des plants pour récolter ultérieurement
les graines. On peut repérer quelques pieds et les identifier avec un tissu ou une marque
quelconque pour les conserver jusqu’à la floraison. Quand les graines sont en formation, on
peut enfermer les terminaisons florales (sans les serrer) dans un petit sac en plastique percé de
trous, afin d’éviter la dissémination des graines et de limiter les impuretés.

LE CYCLE PARASITAIRE DU PLASMODIUM FALCIPARUM
Résumé : En piquant l’homme, le moustique lui injecte dans le sang sa salive infectée par le
parasite. Le parasite gagne d’abord le foie où il se multiplie. Puis, les parasites migrent dans
le sang où ils pénètrent dans les globules rouge et les détruisent. Si un moustique sain pique
un homme infecté, il s’infecte à son tour et va transmettre la maladie à d’autres humains.
Le parasite (le plus fréquent est le Plasmodium Falciparum, responsable des formes de
paludisme les plus graves) se développe en deux cycles : un cycle asexué chez l’homme et un
cycle sexué chez le moustique.
1) Chez l’homme : cycle asexué (ou schizogonique).
En piquant l’homme, le moustique lui injecte sa salive qui contient des centaines de parasites
(appelés sporozoïtes) provenant de ses glandes salivaires. Les parasites gagnent le foie et
pénètrent dans les cellules hépatiques où ils se multiplient, grossissent et finissent par faire
éclater la cellule hépatique. Ils repassent alors dans la circulation sanguine (ils sont alors
appelés mérozoïtes) et pénètrent dans les hématies (ou globules rouges) ; ils deviennent alors
des trophozoïtes d’abord jeunes, à forme annulaire ; les trophozoïtes grossissent, dégradent
l’hémoglobine du globule rouge et se multiplient dans le globule rouge ; on parle alors de
schizontes. Quand il est mûr, le schizonte éclate et libère de nouveaux mérozoïtes qui vont
eux-mêmes parasiter des hématies vierges et recommencer le cycle ; chaque cycle dure 48
heures et l’éclatement des globules rouges et des schizontes est contemporain des accès
fébriles. Enfin, après plusieurs cycles, on voit apparaître dans les hématies des parasites
sexués, les gamétocytes mâles et femelles.
2) Chez le moustique (l’anophèle) : cycle sexué (ou sporogonique).
Lorsqu’il pique un homme infecté, le moustique ingère des schizontes, des mérozoïtes et des
gamétocytes. Les schizontes et les mérozoïtes sont digérés dans l’estomac du moustique. Le
gamétocyte femelle est fécondé par le gamétocyte mâle, formant un œuf (l’oocyste) qui
traverse la paroi de l’estomac du moustique et se fixe sur cette paroi. Dans l’oocyste se
forment des sporozoïtes qui sont libérés par l’éclatement de l’oocyste et gagnent les glandes
salivaires. La durée du cycle chez l’anophèle est de 10 à 40 jours.
Lorsque la population est régulièrement exposée à un risque d’inoculation élevé (comme c’est
le cas en Afrique subsaharienne), une parasitémie chronique est habituelle, et les accès de
paludisme les plus graves sont l’apanage des enfants ; en effet une immunité clinique partielle
s’acquiert durant l’enfance, et les adultes ne présentent que peu d’accès palustres, même si le
parasite reste présent dans leur sang de façon chronique. Ce fait particulièrement important est
bien précisé dans le rapport de Olumnese sur le traitement du paludisme (64, pp 5-6), et il
mérite d’être pris en considération dans l’évaluation de l’efficacité des traitements proposés,
bien que la position « officielle » de l’OMS soit de tenir compte à la fois du résultat clinique
et du résultat sur la parasitémie dans l’évaluation des résultats.

LE MECANISME D’ACTION DE L’ARTEMISINE
La molécule d’artémisine a été isolée sous forme cristalline en 1972 ; sa structure chimique a
été déterminée en 1975 : c’est un sesquiterpène lactone avec un pont endoperoxyde (pont
reliant deux atomes d’oxygène). C’est une molécule à haute énergie, prompte à réagir et à
perdre son énergie car peu stable .

Des dérivés semi-synthétiques ont été préparés à partir de la molécule d’artémisine:
dihydroartemisine, artemether, artesunate and arteether. La durée de vie de ces dérivés est
nettement inférieure à celle de l’artémisine, quelques mois pour l’artésunate (32), et leur
efficacité n’est pas sensiblement supérieure à celle de l’artémisine. L’avantage de l’artesunate
est d’être hydrosoluble et d’être facilement utilisable par voie intraveineuse.
L’artémisine a un rôle anti-inflammatoire et antipyrétique ; elle est active non seulement sur
le Plasmodium Falciparum, mais également sur de nombreuses bactéries et virus et
notamment le VIH (47). Elle a été utilisée avec succès dans la désinfection de l’eau (48) et sur
certaines parasitoses comme les leishmanioses ou les schistosomiases (70). Enfin elle a un
rôle dans le freinage de la prolifération cellulaire cancéreuse4 (25, 40, 58).
L’effet anticancéreux de l’artémisine est un sujet particulièrement « brûlant ». Cet effet a été prouvé à
plusieurs reprises in vitro, sur des lignées de cellules cancéreuses provenant de différentes origines : sein, poumon, rein, ovaire, prostate, colon, tissu hématopoiétique (1, 2). Cependant il n’a pas été rapporté d’études cliniques sur l’efficacité de l’artémisine contre le cancer, et on ne peut s’appuyer que sur des rapports
d’observations isolées. L’artémisine agirait selon différents processus (3): mort des cellules cancéreuses (apoptose), inhibition de la prolifération cellulaire cancéreuse, inhibition de l’angiogénèse, freinage de la migration cellulaire cancéreuse. Le mécanisme d’action se rapproche du mécanisme observé dans le paludisme : la molécule d’artémisine est activée en présence de Fer qui ouvre le pont peroxyde, libèrant des radicaux libres qui tuent la cellule cancéreuse. Les cellules cancéreuses sont naturellement riches en Fer (celui-ci est nécessaire pour leur prolifération) et elles sont donc plus sensibles à l’effet cytotoxique de l’artémisine que les La molécule d’artémisine.
Le pont endoperoxyde (O-O) est l’élément essentiel pour l’activité de l’artémisine. En présence de
Fer, le pont se rompt et libère des radicaux libres qui bloquent la synthèse des protéines du parasite
(par inhibition de la CA++ ATPase), ce qui tue le parasite.
Le pont peroxyde. Il réunit deux atomes d’oxygène.

Dans le cas du paludisme, l’artémisine est active sur les trophozoïtes jeunes (1) et évite
l’évolution vers les stades de trophozoïtes plus tardifs, où le parasite adhère à l’endothelium
vasculaire ; ce phénomène est appelé séquestration et il se produit dans les microvaisseaux
des organes vitaux et notamment du cerveau.
Ce stade de séquestration est considéré comme responsable des complications de l’accès palustre et notamment du neuropaludisme, avec adhérence des hématies parasitées à la paroi des veinules postcapillaires du cerveau, inflammation et hémorragies autour des vaisseaux, le coma étant dû à l’accumulation dans les capillaires cérébraux d’un grand nombre d’hématies parasitées, responsables de troubles métaboliques par production de toxines.

On a pu expérimentalement fixer la molécule d’artémisine sur des molécules de transferrine,
porteuses de Fer ; la transferrine est captée par la cellule cancéreuse et la pénètre, introduisant en même temps le Fer et l’artémisine ; dans la cellule le Fer est libéré et l’artémisine l’utilise pour libérer des radicaux libres et tuer la cellule… Le rôle du Calcium a également été mis en évidence (6). En fait dans la tisane et encore plus dans la poudre de plante entière, l’artémisine n’est pas seule. Il existe de nombreuses autres molécules: les flavonoïdes qui sont présents dans les feuilles d’Artemisia annua, mais également en grandes quantités dans les tiges. Les flavonoïdes ont une action anticancéreuse propre. Certains inhibent l’angiogénèse, d’autres comme le limonène inhibent la prolifération cancéreuse. Mais les flavonoïdes ont aussi une action synergique de l’artémisine: Ils sont antioxydants et facilitent l’activation de l’artémisine et la libération des radicaux libres.
L’effet cytotoxique a été retrouvé in vitro sur différentes cultures cellulaires cancéreuses : cancer du sein, cancer du poumon (10), lymphocytes (11,12), cancer de la prostate (13). L’artémisine aurait un effet antioestrogénique spécifique, en bloquant les récepteurs oestrogéno sensibles de cultures de cellules tumorales de cancer du sein. En l’absence d’études précises, la posologie n’est pas nettement définie ; on conseille habituellement un litre de tisane par jour, préparé avec une bonne cuillerée à soupe de feuilles, mais il est possible qu’un bol ou une à deux gélules par jour soient suffisants.
1. Efferth T, Dunstan H, Sauerbrey A, Miyachi H, Chitambar CR. The anti-malarial artesunate is also active
against cancer. Int J Oncol. 2001 ;18 : 767-73.
2. Efferth T. Antiplasmodial and antitumor activity of artemisinin–from bench to bedside. Planta Med. 2007 ;
73 : 299-309.
3. Firestone GL, Sundar SN. Anticancer activities of artemisinin and its bioactive derivatives. Expert Rev Mol
Med. 2009, 30;11: e32.
4. Lai H, Sasaki T, Singh NP. Targeted treatment of cancer with artemisinin and artemisinin-tagged ironcarrying
compounds. Expert Opin Ther Targets. 2005 ; 9 : 995-1007.
5. Lai H, Singh NP. Oral artemisinin prevents and delays the development of 7,12-dimethylbenz[a]anthracene
(DMBA)-induced breast cancer in the rat. Cancer Lett. 2006 Jan 8;231(1):43-8.
6. Mu D, Zhang W, Chu D, Liu T, Xie Y, Fu E, Jin F. The role of calcium, P38 MAPK in dihydroartemisinininduced
apoptosis of lung cancer PC-14 cells. Cancer Chemother Pharmacol. 2008 ; 61 : 639-45.
7. Ferreira JFS, Luthria DL, Sasaki T, Heyerick A. Flavonoids from Artemisia annua as antioxidants and their
potential synergism with artemisinin against malaria and cancer. Molecules 2010, 15, 3135-3170.
8. Manuele MG, Ferraro G, Anesini C. Effect of Tilia x viridis flower extract on the proliferation of a lymphoma
cell line and on normal murine lymphocytes: contribution of monoterpenes, especially limonene. Phytother Res.
2008, 22:1520-6.
9. Singh NP, Lai H. Selective toxicity of dihydroartemisinin and holotransferrin toward human breast cancer
cells. Life Sci 2001 ; 70 : 49-56.
10. Lu YY, Chen TS, Qu JL, Pan WL, Sun L, Wei XB. Dihydroartemisinin (DHA) induces caspase-3-dependent
apoptosis in human lung adenocarcinoma ASTC-a-1 cells. Biomed Sci. 2009 ;16:16.
11. Zhou HJ, Wang Z, Li A. Dihydroartemisinin induces apoptosis in human leukemia cells HL60 via
downregulation of transferrin receptor expression. Anticancer Drugs. 2008 ; 19 : 247-55.
12. Lai H, Sasaki T, Singh NP, Messay A. Effects of artemisinin tagged holotransferrin on cancer cells. Life Sci
2005 ; 76 : 1267-79.
13. Thangaiyan R, Anupam B. d-Limonene sensitizes docetaxel-induced cytotoxicity in human prostate cancer
cells: Generation of reactive oxygen species and induction of apoptosis. J Carcinog. 2009; 8: 9. Published online
2009 May 21. doi: 10.4103/1477-3163.51368
14. Sundar SN, Marconett CN, Doan VB, Willoughby WA, Firestone GL. Artemisinin selectively decreases
functional level of oestrogen receptor-alpha and ablates oestrogen-induced proliferation in human breast cancer
cells. Carconigenesis, 2008 ; 29 : 2252-58.

L’artémisine pénètre dans les globules rouges parasités et stoppe précocément la maturation
des schizontes. L’artémisine a également un effet gamétocytocide supérieur aux antipaludéens
classiques (Okell, 63), diminuant ainsi le risque de transmission du parasite de l’homme au
moustique. Cet effet gamétocytocide est de grande importance, car les gamétocytes peuvent
persister dans le sang de façon latente, en particulier chez l’enfant, qui peut rester contagieux
longtemps après la guérison de l’accès palustre.
Le mode d’action de l’artémisine reste encore incomplètement connu. Plusieurs mécanismes
semblent s’associer (27). Certains sont spécifiques : perturbation dans le métabolisme des
protéines du parasite et perturbation de l’activité mitochondriale du parasite. D’autres sont
non spécifiques, notamment un effet sur le système immunitaire et un rôle d’inhibition de
l’angiogénèse.
1) Perturbation dans le métabolisme des protéines du parasite. Le mécanisme
fondamental serait l’inhibition d’un enzyme, la Ca++ATPase qui intervient dans la synthèse
des protéines des membranes cellulaires du parasite (20).
La Ca++ATPase est présente dans le réticulum endoplasmique du parasite ; elle assure le maintien de la concentration en ions Ca++ dont le rôle est fondamental pour la synthèse des protéines. L’artémisine se fixerait sur la Ca++ATPase en laissant disponible le pont peroxyde ; celui-ci est rompu en présence d’ions Fe++ (car le Fer attire un électron de l’oxygène). Les atomes d’oxygène sont alors activés et ils attirent des ions H+, libérant ainsi des radicaux libres de carbone. Ces radicaux libres inhibent l’ATPase, ce qui entraine la mort du parasite.
Le Fer semble provenir de l’hème, c’est-à-dire du produit de dégradation de l’hémoglobine consécutive à l’infestation des globules rouges par le parasite. Il s’agirait de l’hème intraparasitaire ; celle-ci activerait l’artémisine et libèrerait les radicaux libres de carbone dans le parasite, ce qui peut expliquer la toxicité sélective de l’artémisine sur le parasite (Meshnick, 54). Mais il est possible que le Fer ait également une autre origine, car l’artémisine agit précocément dans le cycle parasitaire, avant la dégradation de l’hémoglobine.
Par ailleurs l’artémisine est retrouvée également dans les structures membraneuses du parasite
(reticulum endoplasmique, système mitochondrial), et non pas uniquement dans les vacuoles
cytoplasmiques où se trouve l’hème, ce qui suggère d’autres mécanismes d’action.
2) Perturbation de l’activité mitochondriale du parasite. Le système mitochondrial est
nécessaire pour la chaîne respiratoire du parasite (apport d’oxygène) et pour sa croissance.
L’artémisine serait activée par le fer contenu dans la mitochondrie, selon le processus décrit
ci-dessus ; les atomes d’oxygène du pont peroxyde ainsi activés perturberaient le transport des
électrons dans la mitochondrie, provoquant une dépolarisation de la membrane
mitochondriale. Ceci empêche la biosynthèse des protéines nucléiques du parasite, et
notamment de la pyrimidine, aboutissant à la mort du parasite.
3) Rôle d’inhibition de l’angiogénèse : Il s’agit de la prolifération cellulaire inflammatoire
réactionnelle à l’agression du parasite qui adhère à l’endothélium vasculaire, en particulier au
niveau des petits vaisseaux (phénomène de la séquestration). L’artémisine aurait un effet
favorable sur l’œdème et les hémorragies liées à l’inflammation vasculaire. Cet effet est
particulièrement bénéfique car il atténue la sévérité du paludisme cérébral.

L’EFFICACITE DE L’ARTEMISIA ANNUA
L’action antipaludéenne de l’Artemisia annua est multiple : elle possède un effet répulsif sur
les moustiques, lié plus à la présence de terpénoides que d’artémisine, et que l’on peut
exploiter par fumigation ou simplement en la faisant pousser à proximité des habitations. Elle
a également un effet parasitocide direct, lié aux multiples composants présents dans la plante.
On trouve dans la littérature de très nombreux travaux consacrés à l’artémisine elle-même ou
à ses dérivés semi-synthétiques. Actuellement on trouve également de nombreux travaux
consacrés aux autres molécules présentes dans l’Artemisia annua, molécules dont le pouvoir
antipaludéen se confirme de plus en plus. L’ensemble de ces molécules constitue le « totum »,
dont l’effet thérapeutique est supérieur à celui des composants pris isolément.
1. L’ARTEMISINE
1.1. Le taux d’artémisine contenu dans les feuilles dépend de plusieurs facteurs, et
notamment de la variété d’Artémisia annua, du moment de la récolte, du mode de séchage, de
la durée de conservation, et surtout du mode de conservation des feuilles qui semble avoir un
rôle prépondérant. Les concentrations relevées dans la littérature varient entre 0,10% et 1%.
A Madagascar le taux observé est de 0,5%. Au Sénégal différentes variétés ont été étudiées, parmi lesquelles les variétés brésilienne, Anamed et Médiplant. Dans toutes ces variétés le taux était supérieur à 0,8%, allant jusqu’à 1,3% dans la variété Mediplant. La concentration était de 0,63% à 0,70% dans l’expérimentation de Mueller.
Les feuilles situées à la partie supérieure du plant sont plus riches en artémisine.
L’hybridation de l’Artémisia annua semble beaucoup augmenter la concentration en
artémisine. Dans l’étude de Jiang (36) la concentration en artémisine était de 0,90% dans de
l’artémisia annua naturelle et de 1,45% dans de l’artémisia annua transgénique. Cependant
l’hybridation compromet la production de graines. Enfin une fertilisation avec le phosphore
pourrait avoir un rôle favorable en augmentant la concentration en artémisine .
Si la concentration en artémisine présente un intérêt pour la commercialisation, elle n’est
cependant pas un facteur fondamental pour le pouvoir antipaludéen de l’Artémisia annua,
et l’hybridation ne semble pas à recommander pour l’utilisation thérapeutique de la plante :
Omar Gueye retrouve in vitro une efficacité identique avec de la tisane à base de feuilles
brésiliennes à concentration voisine de 1% et avec de la tisane à base de feuilles
luxembourgeoises, dans lesquelles la concentration n’est que de 0,1 à 0,2% ; il explique cela
par la présence d’autres molécules dans la tisane. De même, dans l’étude de Malagon la
reproduction du plasmodium est inhibée à plus de 98% par Artémisia ludoviciana mexicana,
qui ne contient pas d’artémisine.
1.2. La quantité de feuilles recommandée pour la préparation en tisane est de 9 à 10
grammes de feuilles pour un litre d’eau bouillante ; cependant Mueller (57) et Blanke (13) ont
utilisé une infusion contenant 5 grammes de feuilles avec des résultats cliniques identiques. Il
semble préférable de verser l’eau bouillante sur les feuilles et non pas de jeter les feuilles dans
l’eau ; il ne faut pas poursuivre l’ébullition avec les feuilles, car cela détruit l’artémisine :
dans les expérimentations de Räth et Mueller, la concentration en artémisine est
deux à trois fois moins importante lorsque la tisane est maintenue à ébullition (de 5 à 30
minutes). Il faut si possible utiliser un récipient en plastique ou mieux en verre pour faire
infuser, et éviter un récipient en fer (le fer réagissant avec l’artémisine). Après avoir versé
l’eau bouillante sur les feuilles, Räth conseille de remuer le mélange (avec une cuiller en
bois), puis de laisser infuser 10 minutes, le récipient étant recouvert ; il faut ensuite filtrer la
tisane, presser les feuilles pour récupérer les reliquats d’artémisine dissoute, et enfin laisser
refroidir la tisane.
Avec ce protocole, Räth obtient une quantité d’artémisine de 94,5 mg/l avec 9 g de feuilles et de de 60 mg/l avec 5 g de feuilles. Avec un protocole similaire, Mueller obtient 12 mg/l d’artémisine avec 5 g de feuilles, 24 mg/l avec 10 g, 32 mg/l avec 20 g, et 64 mg/l avec 40 g de feuilles. Rocha e Silva (69) obtient 40-46 mg avec 5g/l de feuilles. Jansen (34) a mesuré 24,2 mg/l. Selon Mueller 40% de l’artémisine présente dans les feuilles peut être extraite dans la tisane, ce qui représente 40 mg si l’on considère une concentration de 1% dans une quantité de 10 g de feuilles.
La dose quotidienne d’artémisine ou de ses dérivés habituellement prescrite est de l’ordre de
200mg à 500 mg, donc très supérieure à la quantité d’artémisine (de l’ordre de 20mg à 50 mg)
extraite de 5 grammes de feuilles en tisane, et on peut estimer que l’apport en artémisine par
l’ingestion de tisane est très insuffisant. Cependant cette posologie « officielle » de 200 à 500
mg ne repose sur aucune étude argumentée ; de même la quantité de feuilles habituellement
conseillée (9g/l) est arbitraire et peut parfaitement être augmentée ou diminuée. Ashton (8) a
même constaté une efficacité identique dans une étude comparant l’artémisine administrée
aux mêmes doses par voie orale et par voie rectale, bien que le coefficient d’absorption de
cette dernière voie soit nettement inférieur à celui de la voie orale. Tout ceci suggère qu’une
dose quotidienne de 200 mg à 500 mg est probablement excessive et donc inutile.
On sait que l’artémisine est peu soluble dans l’eau, et le bon rendement obtenu avec la
préparation en tisane s’explique par la présence dans les feuilles d’autres constituants
(flavonoïdes, saponines, polysaccharides…) qui favoriseraient la dissolution de l’artémisine
en agissant comme détergents (81), ou avec lesquels l’artémisine pourrait former des
complexes hydro-solubles.
1.3. La concentration plasmatique maximum : Après absorption de 500 mg d’artémisine
extraite (sous forme de comprimés), la concentration maximum est obtenue très rapidement,
entre 2 et 3 heures, et elle dépasse le plus souvent 200 microgr/l (51).
Elle était de 615 g/l dans l’étude de Alin (4) ; elle était de 391 g/l dans l’étude faite par Duc (19) et de 364g/l dans le travail de Vries (78).
Après absorption d’une tisane contenant 9 g de feuilles d’Artémisia annua (soit environ 30 à
40 mg d’artémisine), Räth (67) a noté que la concentration plasmatique maximum était de 240
g/l. Cette concentration élevée suggère que l’artémisine naturelle présente dans la tisane est
mieux absorbée que l’artémisine en comprimés. Il faut insister sur le fait que la tisane contient
d’autres composés que l’artémisine, qui augmentent probablement son absorption. Dans
l’étude de Vries (78), la concentration en artémisine efficace in vitro pour inhiber 50 % de
croissance du plasmodium falciparum (IC50) est de 3 à 30 g/l ; selon Alin et Heide
elle est de 10 g/l. La concentration plasmatique mesurée après ingestion de tisane est donc
très supérieure à ces chiffres.
In vitro, Alin a constaté que la croissance du Plasmodium était inhibée à raison de 63% après 3 heures
d’exposition à l’artémisine, l’inhibition atteignant 95% après un délai de 48 heures. In vivo, le temps nécessaire à l’élimination du parasite est d’environ 36 heures: il était de 26 heures dans l’étude de Alin , de 48 heures dans l’étude de Mueller, et de 36 heures dans l’étude de de Vries.
Ainsi le traitement par artémisine est presque immédiatement efficace ; il permet de réduire
considérablement la concentration en parasites, pratiquement au-dessous des valeurs
détectables, mais sans élimination totale, et la croissance des quelques parasites restants
expose à une récidive précoce de la parasitémie et surtout à une récidive clinique de l’accès
palustre. Ce risque, ajouté au fait que la durée de vie de l’artémisine est courte, avec une
demi-vie moyenne de 2 heures et demie à trois heures (4,19,78), nécessite de prolonger
pendant au moins 5 jours le traitement par tisane (42) ; la durée habituellement recommandée
est de 7 jours. Cette brièveté de la demi-vie de l’artémisine est d’ailleurs considérée par certains
comme un élément favorable, le parasite n’ayant pas le temps de développer de résistance.
On trouve cependant dans la littérature une étude comparative moins optimiste effectuée sur des souris, étude dans laquelle la parasitémie au 4ème jour était
de 50 % dans le groupe traité par tisane, contre 3 % dans un groupe traité par artésunate ; par
ailleurs toutes les souris traitées par tisane étaient décédées au 11ème jour alors que 83 % des
souris traitées par artésunate étaient survivantes.
1.4. L’efficacité clinique de la tisane de feuilles d’Artemisia annua dans le traitement du
paludisme a été démontrée à l’occasion du traitement de plusieurs cas isolés (communications
personnelles), tous avec une rapide et complète amélioration clinique. L’efficacité de la tisane
a également été étudiée dans quelques séries randomisées de la littérature:
Chougouo Kengne (16) rapporte une étude récente comparant tisane et artésunate seul ou associé à amodiaquine, mais sans que soit nettement précisé le matériel d’étude: le taux d’échecs était de 0 % en cas de traitement par la tisane durant 7 jours, mais de 28 % en cas de traitement durant 5 jours ; il était de 12 % et 14 % avec l’artésunate seul ou associé a l’amodiaquine. Dans une étude récente portant sur 3000 cas, dont 250 enfants âgés de moins de 5 ans, Willcox (85) rapporte une efficacité constante de la tisane, sans effets secondaires notables chez les enfants ni chez les femmes enceintes (24 cas traités durant le premier trimestre de gestation). Par contre l’auteur signale des difficultés dans la culture de l’Artemisia annua dans près de la moitié des cas (au Kenya et en Ouganda). Fouda (26) rapporte une étude brésilienne portant sur 72 patients traités par tisane (1 litre/jour avec 5g
de feuilles pendant 7 jours) : le pourcentage d’éradication du parasite dans le sang était de 4,3% à J+1, de 47,7% à J+2, de 85,9% à J+7, et de 93,7% à J+14. Blanke rapporte 10 cas traités par tisane ; Mueller  rapporte deux séries, l’une de 53 patients, l’autre de 72 patients. Dans ces dernières études une importante amélioration clinique a été observée dans presque tous les cas dès le troisième jour du traitement. Dans les trois études la parasitémie avait disparu dans 70% des cas au 7ème jour. Tiruneh évalue une série de 473 patients et constate une guérison de l’accès palustre dans 92% des cas.
L’ensemble des auteurs a noté une récidive de la parasitémie au 28ème jour dans un nombre
important de cas, variant selon les séries de 70% à 90%. Ces cas de réapparition de la
parasitémie ont souvent été considérés comme des échecs, même en l’absence de récidive de
la symptomatologie clinique. Cependant la constatation d’une parasitémie modérée sans
symptomatologie clinique est habituelle chez l’enfant en zone d’endémie, et il est admis que
cela lui apporte une immunité relative et assure une protection minimale contre les infections
ultérieures à l’âge adulte.
Selon l’étude de Bottius qui porte sur une population en zone d’endémie, 50 % des sujets testés présentaient une parasitémie microscopique, mais le chiffre s’élevait à 90 % avec des techniques plus sensibles (polymerase chain reaction). Ainsi une parasitémie isolée notée après traitement d’un accès palustre ne parait pas très significative et plusieurs publications ont souligné ce fait : Mueller (50), Silachamroon, Swarthout, Whitty ont retrouvé entre la 4ème et la 6ème semaine une parasitémie variable de 20% à 50% selon les dérivés d’artémisine utilisés, isolément ou en combinaison. Au recul de 6 semaines, il est d’ailleurs difficile d’attribuer cette parasitémie à une récidive (donc à un échec du traitement) ou à une réinfestation (la distinction nécessiterait une étude génotypique du parasite). Dans l’étude très complète de Ashley (6) portant sur une population de 2926 enfants traités par ACT, une récurrence de la parasitémie a été observée dans 942 cas entre le 14ème et le 28ème
jour, attribuée à une récidive dans 12% des cas et à une réinfestation dans 78% des cas, avec un taux d’échecs variant de 0% à 40% selon la méthodologie statistique utilisée. Farnert (23) constate une très grande variation nycthémérale de la densité parasitaire, des profils génotypiques et des stages de maturation du parasite chez le même patient.
Au total on peut considérer que la persistance ou la récidive d’une parasitémie modérée n’est
pas significative dès lors qu’elle est sans symptomatologie clinique. Malgré ses imperfections,
le traitement de l’accès palustre par tisane d’artémisine peut donc être recommandé (68),
l’objectif du traitement par tisane d’artémisine n’étant pas d’éradiquer définitivement la
maladie, mais de traiter l’accès palustre et de prévenir ses complications.
Par ailleurs, il semble également que l’Artemisia annua ait non seulement un effet curatif,
mais également un effet préventif du paludisme. Ogwang (61) a fait une étude longitudinale
durant 8 mois, portant sur environ 300 patients prenant un bol de tisane une fois par semaine;
il observe une diminution de 80% des symptômes attribuables au paludisme. Dans une autre
étude randomisée, le même auteur calcule que le risque de crise de paludisme est divisé de
moitié .
2. LES FLAVONOIDES
Les très nombreuses recherches qui ont été effectuées après l’isolement de la molécule
d’artémisine sont restées centrées sur cette molécule, qui a été considérée sans doute à tort
comme la seule molécule efficace contre le paludisme. On sait maintenant que l’Artemisia
Annua contient en outre un véritable cocktail de molécules de flavonoïdes (scopolétine,
casticine, chrysoplenetine, chrysosphenol-D, cirsilineol…) (15). Ces flavonoïdes se trouvent
dans les feuilles, mais également et peut-être à concentration plus importante dans les tiges de
la plante (87). Les flavonoïdes résistent à l’eau bouillante (à la différence de l’artémisine).
Les flavonoïdes ont un important pouvoir antioxydant (ce sont des chélateurs du Fer, transformant les ions Fe+++ en ions Fe++). Or les antioxydants semblent avoir un rôle dans la prévention de paludisme. Akpotuzor et Metzger constatent que le taux d’antioxydants (vitamines A et C, carotènes) est diminué chez des enfants impaludés et que ces taux augmentent avec la guérison de l’accès palustre.
A doses faibles ces molécules, comme notamment la quercetine, potentialisent l’action de
l’artémisine, peut-être en inhibant des enzymes destructeurs de l’artémisine (25).
Ashton avait observé que, avec un traitement quotidien continu par artémisine pure, la concentration
plasmatique en artémisine diminue avec le temps, passant à 34% au 4ème jour de traitement et à 24% au 7ème jour de traitement, et il évoquait la possibilité de l’induction par l’artémisine de la production d’enzymes autodestructeurs (cette diminution de la concentration plasmatique en artémisine peut d’ailleurs expliquer la récidive de la parasitémie qui s’observe dans 2% à 50% des cas au 28ème jour après un traitement par artémisine seule).
Selon Ferreira ces enzymes (et notamment le CYP450) sont détruits par les flavonoides présents dans
l’Artemisia annua. Les flavonoides favoriseraient ainsi l’efficacité des molécules d’artémisine qui resteraient actives plus longtemps dans l’organisme. De plus les flavonoides auraient une action synergique de l’artémisine, en favorisant la pénétration de l’artémisine à travers les membranes cellulaires du parasite.
Enfin, à doses fortes les flavonoïdes ont une action antipaludéenne directe sur le Plasmodium
falciparum.
Certains flavonoïdes (quercetine, luteoline, apigenine) inhibent précocément la croissance du Plasmodium Falciparum dont le développement est stoppé au stade de trophozoïte intraérythrocytaire, de même que le 1,8 cineole. Les terpènes comme le limonène ou le farnesol inhibent également le développement du Plasmodium Falciparum par leur pouvoir anti-oxydant .
Enfin, on accorde actuellement un rôle important aux polysaccharides présents dans
l’Artemisia annua.
Ils favoriseraient la solubilité de l’artémisine et des flavonoïdes. Ils ont un effet anti-inflammatoire. De plus les polysaccharides sulfatés présents dans l’Artemisia annua empêcheraient l’invasion des érythrocytes par le parasite à un stade précoce de mérozoite.
A l’inverse, les monosaccharides, ou sucres simples (glucose, lactose), semblent à
déconseiller car ils favoriseraient le développement du parasite, qui en a besoin pour son
métabolisme. Il faut donc éviter l’addition de sucre ou de miel dans la tisane, addition qui a
été suggérée pour diminuer l’amertume de la tisane et la rendre plus acceptable pour les
enfants…
Le traitement par l’Artemisia annua n’est donc pas une monothérapie, mais plutôt une
véritable polythérapie, et peut-être les recherches ont-elles négligé ces différentes molécules
au profit de l’artémisine elle-même. Cette polythérapie peut expliquer certains paradoxes
entre l’utilisation de l’artémisine pure et l’utilisation des extraits d’Artemisia annua :
– Les doses d’artémisine dans la tisane sont très inférieures aux doses recommandées en cas
de traitement par l’artémisine elle-même, et pourtant les résultats sont au moins aussi bons.
– On a montré que la molécule d’artémisine est très peu soluble dans l’eau, et pourtant 40% de
l’artémisine présente dans les feuilles est retrouvée dans la tisane.
– Le plasmodium falciparum a développé une résistance à l’artémisine ou à ses dérivés, même
associés à des molécules à action plus lente . Les premiers cas de résistance ont été
observés au Cambodge avec l’artésunate . A l’inverse il n’a pas été signalé de cas de
résistance après traitement par tisane. La polythérapie de la tisane peut expliquer que le
plasmodium falciparum ne soit pas devenu résistant à l’artémisine, malgré deux millénaires
d’utilisation de la tisane.
– La teneur en artémisine est très variable selon les souches d’Artemisia annua, de 0,1 % à
plus de 1 % pour la variété brésilienne (la teneur en artémisine de l’Artemisia annua produite
par ACP est de l’ordre de 0,50%), et pourtant les résultats dans le traitement de l’accès
palustre sont équivalents.
Ainsi la polythérapie présente plusieurs avantages. Les différents composants ont un effet
synergique comme le confirme l’étude récente de De Donno qui calcule que l’efficacité
de la tisane est trois fois plus importante que ne le serait la même quantité d’artémisine prise
isolément. Il semble de plus que l’administration de l’Artemisia annua en gélules, qui apporte
la totalité de la plante (le Totum), soit encore plus efficace. Ceci est parfaitement démontré
dans le récent travail de Elfawal et al : chez des souris ayant reçu de la plante sèche,
l’absorption d’artémisine est 40 fois supérieure à celle observée chez des souris ayant reçu la
quantité correspondante d’artémisine pure. Avec une dose de 24 mg/kg (plante sèche), les
auteurs obtiennent une chute quasi-totale de la parasitémie 30 heures après l’ingestion. Au
cours d’une mission chirurgicale en Centrafrique, nous avons nous-mêmes traité
préventivement durant deux jours et demi 25 enfants en bonne santé qui devaient être opérés
de lésions orthopédiques, par une dose quotidienne de 400 à 500 mg de poudre d’Artémisia
annua administrée en gélules, soit environ 16 mg/kg: nous avons constaté qu’après 36 heures,
la parasitémie (présente dans tous les cas) avait diminué de 65%. Dans cette expérience, la
dose d’artémisine administrée était très faible, de l’ordre de 0,4 à 0,5 mg d’artémisine, et il est
possible qu’une dose plus importante ait permis une disparition totale des parasites dans le
sang. Ces résultats sont également concordants avec ceux observés dans l’étude de
l’International Centre of Insect Physiology and Ecology (84) dans laquelle 47 patients ont été
traités par pilules de 500 mg d’Artemisia annua pendant 6 jours : la parasitémie qui était
positive dans tous les cas au début du traitement était nulle dans près de 90% des cas entre le
3ème et le 5ème jour.
Tous ces résultats confirment l’intérêt de l’administration de la plante entière : absorption plus
rapide et plus complète de l’artémisine, inhibition d’enzymes digestifs et hépatiques
destructeurs de l’artémisine, synergie antiparasitaire entre artémisine et flavonoïdes, effet
antipaludéen propre des flavonoïdes.

L’ADMINISTRATION DE L’ARTEMISINE
1. La tisane
1.1. La préparation de la tisane
La quantité de feuilles recommandée pour la préparation en tisane est de 5 à 7 grammes de
feuilles pour un litre d’eau bouillante (2 à 3 grosses pincées). Il faut utiliser un récipient en
plastique ou mieux en verre pour faire infuser, et éviter un récipient en fer (le fer réagissant
avec l’artémisine). Il faut verser l’eau bouillante sur les feuilles (ne pas poursuivre l’ébullition
avec les feuilles, car cela détruit l’artémisine), remuer le mélange avec une cuiller en bois,
puis laisser infuser 10 minutes, le récipient étant recouvert. Puis il faut filtrer la tisane (par
exemple dans un tissu pour éviter le contact avec une passoire en fer), presser les feuilles pour
récupérer les reliquats d’artémisine dissoute, et enfin laisser refroidir la tisane.
1.2. La posologie de la tisane
Chez l’adulte, la posologie recommandée est de 1 litre par jour en 4 prises de 250 ml.
Chez l’enfant, la posologie est de 15 à 20 cc/kg, c’est-à-dire ½ litre en 4 prises pour un poids
de 30 kg (4 fois un pot de yaourt bien rempli), ou 120 à 130 ml en 4 prises pour un poids de 7
kg (4 fois un quart de pot de yaourt).
La tolérance à l’artémisine est très bonne. On ne retrouve dans la littérature aucune
publication rapportant des complications après traitement par artémisine ou dérivés ; il n’a pas
été observé d’effets secondaires indésirables. La voie orale est bien sur le moyen le plus
simple pour administrer la tisane. Cependant, lorsque la voie orale est impossible, comme
chez des patients peu coopérants ou en cas de neuropaludisme avec coma, l’administration par
voie rectale est possible.
Cette possibilité a été soulignée et encouragée par l’OMS (83). L’artémisine par voie rectale a l’avantage
d’éviter les complications que l’on peut observer si l’on traite l’accès palustre par injection de quinine
intramusculaire (66). Plusieurs études ont confirmé l’efficacité de l’artémisine par voie rectale
: celle-ci élimine le parasite plus rapidement que les traitements classiques intramusculaires
ou intraveineux par sels de quinine, et elle est plus efficace et plus sûre que la quinine parentérale, même en cas de paludisme sévère. Selon Koopmans (39) la concentration sanguine en artémisine administrée par voie rectale est plus élevée qu’après administration de la même dose par voie orale, avec un temps d’élimination du parasite d’environ 24 heures, donc plus rapide que par voie orale. Dans l’étude de Gomes qui porte sur 1167 patients, une dose massive unique était 5 fois plus efficace que des doses modérées répétées pour réduire la parasitémie de plus de 90% à 24 heures. A partir d’une méta-analyse de 39 publications, Karunajeewa conclut à l’efficacité thérapeutique de l’artémisine par voie rectale, même si les résultats cliniques ne sont pas supérieurs à ceux des traitements conventionnels. Ainsi l’artémisine par voie rectale peut être considérée comme un traitement alternatif pouvant remplacer la quinine parentérale.
Différentes présentations de suppositoires sont actuellement disponibles, à base d’artémisine
extraite de l’Artemisia annua, ou à base de ses dérivés semi-synthétiques ; cependant le coût
peut en être prohibitif pour les familles les plus pauvres, et on peut remplacer les
suppositoires par de la tisane d’Artemisia annua, administrée selon le même protocole que par
voie orale, c’est-à-dire pour l’adulte un litre de tisane dans laquelle ont infusé 9 à 10 grammes
de feuilles d’Artemisia annua, à répéter les jours suivants. La tisane est disponible à un coût
minime ou quasi-nul ; elle peut être administrée par voie rectale sous forme de goutte-à-goutte
à l’aide d’une canule rectale. Ceci a l’avantage de réhydrater l’enfant.
2. La poudre d’Artemisia annua
L’administration de la poudre permet d’administrer la plante elle-même, et ainsi d’absorber le
« totum », c’est-à-dire la totalité des molécules présentes, à la différence de la tisane.
2.1. Préparation de la poudre : Il faut réduire la plante en poudre fine ; ceci peut facilement
être fait avec un mixer, mais est plus difficile à obtenir en zone endémique avec le pilon
traditionnel. Il est important que la plante soit parfaitement pulvérisée.
2.2. Administration de la poudre :
2.2.1. La poudre peut ensuite être administrée sous forme de gélules, qui sont d’absorption
facile. Les gélules sont également utilisables par voie rectale en cas de neuropaludisme avec
difficultés d’alimentation. Mais les gélules ne sont pas toujours facilement disponibles et par
ailleurs elles ont un coût. L’administration en gélules est donc possible lorsque les gélules
sont préparées à l’avance et apportées dans la zone de distribution, mais elle est
imparfaitement adaptée pour un programme de production locale ou de diffusion à grande
échelle.
2.2.2. Une alternative est d’utiliser la poudre d’Artemisia annua non pas en gélules, mais de
l’administrer directement à condition qu’elle soit parfaitement pulvérisée, diluée dans de la
bouillie ou encore dans du beurre d’arachide. L’efficacité du traitement par la poudre est sans
doute supérieure à celle de la tisane, et ce mode d’administration nous semble à promouvoir.

CONCLUSION
On sait qu’actuellement la production d’artémisine est insuffisante pour répondre à la
demande mondiale et que par ailleurs le coût en est prohibitif pour la plupart des zones
endémiques. Il existe des programmes de distribution gratuite des traitements modernes à base
d’artémisine associée a des molécules à action lente (ACT), mais ces programmes contribuent
a maintenir les populations ciblées en état d’assistanat… On sait également que les traitements
par Artémisia Annua sont efficaces à près de 100%, que ce soit en tisane ou en poudre.
L’Artémisia annua présente l’avantage d’être très peu onéreuse et économiquement
acceptable pour le traitement du paludisme, même pour les populations les plus défavorisées ;
la tisane est facile à préparer et à administrer. Un avantage supplémentaire est la possibilité
d’une culture locale, favorisant l’autonomisation de la population, et éliminant les incertitudes
de l’acheminement et de la distribution, de même que les risques de rupture de stock. Que ce
soit par voie orale ou par voie rectale, sous forme de tisane ou de poudre, l’Artémisia annua
permet de traiter efficacement l’accès palustre dû au plasmodium falciparum, à condition
toutefois que la durée du traitement soit suffisante. Ceci doit rester présent à l’esprit d’autant
que cette indispensable durée du traitement est parfois difficile à obtenir en raison de la
médiocre coopération que l’on peut rencontrer chez les patients ou leur famille. Ainsi, malgré
cet inconvénient, le traitement de l’accès palustre par l’Artémisia annua parait une alternative
recommandable, l’utilisation sous forme de tisane paraissant la mieux adaptée pour une
diffusion à grande échelle.