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La réaction de l’artémisine avec le fer a attiré l’attention d’une équipe de chercheurs de l’université de Washington, à Seattle dans l’étude du cancer.

Les cellules cancéreuses, tout comme le font les parasites du paludisme, recueillent et stockent le fer dont elles ont besoin pour se reproduire et se diviser. Cela a pour conséquence, que les cellules cancéreuses ont une concentration en fer beaucoup plus élevée que des cellules normales.
Le Dr Henry Lai a examiné pendant sept ans le potentiel de l’artémisine dans le traitement de différents types de cancer et a obtenu des résultats prometteurs. Il a étudié l’effet combiné de dihydroartemisine (un analogue de l’artémisine avec une meilleure solubilité dans l’eau) et d’holotransferrine, in vitro, sur des cellules humaine de cancer du sein et l’a comparé à la réponse de cellules humaines du sein normales. Après incubation avec l’holoferrine -qui augmente la concentration en ion ferreux des cellules cancéreuse- la dihydroartémisine a détruit efficacement les cellules cancéreuses de sein résistantes aux radiations. Après huit heures, il ne restait plus que 25 % des cellules cancéreuses et après seize heures, elles étaient presque toutes mortes. Cette combinaison a par contre eu très peu d’effet sur les cellules saines.

L'artémisinine la plante anti-cancer

L’artémisinine la plante anti-cancer

De précédentes recherches portant sur des cellules leucémiques ont donné des résultats encore plus marquants. Elles ont été éliminées en seulement huit heures. La concentration en fer des cellules leucémiques pourrait expliquer ces résultats. Elles peuvent, en effet, avoir une concentration en fer 1 000 fois plus élevée que des cellules normales.
L’activité anticancéreuse de l’artémisine a été également testée contre 55 lignées cellulaires cancéreuses au National Cancer Institute des États-Unis. L’artémisine était plus active contre les lignées de cellules de leucémie et de cancer du côlon. Plus prometteur encore, la forte activité de l’artémisine contre des lignées de leucémie résistantes aux médicaments. D’autres lignées de cellules cancéreuses indiquant une certaine réaction à l’activité de l’artémisine incluaient le mélanome, les cancers du sein, de la prostate, des reins et du système nerveux central comme le glioblastome et le neuroblastome.
Dans des travaux récents, l’artémisine a été liée de façon covalente à la transferrine, une glycoprotéine transportant le fer dans le plasma. La transferrine est transportée dans les cellules à travers des récepteurs induits par endocytose. Les cellules cancéreuses expriment beaucoup plus de récepteurs à transferrine à leur surface et absorbent davantage de transferrine qu’une cellule normale. Compte tenu de cela, des chercheurs ont émis l’hypothèse qu’en collant l’artémisine à la transferrine, l’artémisine et le fer seraient transportés ensemble à l’intérieur de la cellule cancéreuse. Une fois à l’intérieur, le fer est libéré et peut aussitôt réagir avec l’artémisine toute proche, puisque collée à la transferrine. Cela devrait renforcer la toxicité et la sélectivité de l’artémisine à l’égard des cellules cancéreuses. Les résultats ont effectivement montré que l’artémisine collée à l’holotransferrine tuaient les cellules cancéreuses de façon plus puissante et plus sélective que l’artémisine seule.
Une incompatibilité avec l’action des antioxydants
La supplémentation en antioxydants pourrait être contre-indiquée pendant la prise d’artémisine. En effet, exerçant son activité dans l’organisme en créant des radicaux libres qui interagissent avec le fer dans la cellule cancéreuse, toute substance protégeant des dommages radicalaires pourrait contrarier son efficacité.


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